Session du 3-5 février 2021 – Intervention de B. HAVARD sur les aides au logement

M. le P. CC. J’étais intervenu l’année dernière déjà sur ce sujet. Cette année est encore plus préoccupante. D’une part, il y a de nombreuses familles que nous n’arrivons pas à loger car leur taux d’effort, même dans le logement social est trop élevé. Elles restent donc dans des conditions de logement ou d’hébergement qui ne correspondent pas à des conditions décentes d’existence. D’autre part, la crise actuelle vécue parfois durement par la perte d’emploi ou de baisse de revenus amplifie les difficultés pour certaines familles pour régler leur loyer ou leurs charges ou les deux. La réponse que vous apportez dans ce budget n’est pas à la hauteur de cette situation. Vous maintenez notre participation au FSL au niveau de l’an dernier fixé à 1,1 M€ soit un niveau inférieur à notre participation en 2015. Or, comme je viens de le dire, les situations pour lesquelles ce Fonds de Solidarité au Logement vont devoir être engagées pour favoriser le maintien ou l’accès au logement des familles en difficultés vont être en nombre croissant. De même, concernant le FSE, ce Fonds de solidarité pour l’énergie sensé permettre à une personne seule ou à une famille de faire face à des impayés de gaz ou d’électricité, sera certainement plus sollicité que l’année passée. Et pourtant vous baissez son budget ! Cela me semble complètement inconcevable ! Il passe de 575 k€ à 450 k€ soit près de 22 % de baisse. Et si l’on remonte à 2018, la baisse du Fonds de Solidarité pour l’Energie atteint 43% ! Encore la semaine dernière, en CALEOL, nous examinions la situation de personnes à reloger qui, une fois seulement prises en considération le loyer et les charges hors chauffage n’ont plus que 15, voire 10 € de reste à vivre par jour. Comment dans ces conditions payer les factures d’électricité ou de chauffage ? Une CPS d’Inolya rappelait que dans la plupart des cas, ces personnes renoncent simplement à se chauffer ! En charge des solidarités et, à ce titre, VP du CCAS de Mondeville, je constate que nous voyons depuis peu arriver des demandes de secours liées à la crise pour des intérimaires sans contrats ou des autoentrepreneurs en difficultés pour régler leurs factures courantes. Vous êtes M. le P. également président de ce premier bailleur social du département. Vous ne pouvez ignorer ces situations. Il est donc inconcevable que vous nous proposiez ces budgets pour le FSL et FSE au risque de paraître déconnecté des réalités que vivent certains de nos concitoyens. Enfin, je conclurai mon intervention par une demande que j’ai déjà formulée en CA d’Inolya. Le confinement et la situation de crise qui perdure ont été accompagné d’un constat alarmant de hausse des violences intrafamiliales. Encore une fois, en commission d’attribution de logement les cas de violences, faites aux femmes en très grande majorité, sont nombreux et nous tentons de trouver des solutions en priorisant très souvent ces situations. Pour autant, le temps de préparation, de l’instruction de ces dossiers, de passage en commission et d’attribution réelle contribue à laisser ces femmes, ces familles dans des situations intolérables qui impliquent souvent des enfants. Une solution existe que nous pouvons mettre en œuvre qui consiste à identifier plusieurs logements gérés par Inolya, de les confier en gestion partagée à des acteurs reconnus, tels le CIDFF pour mettre à disposition dans un délai très court des logement d’urgence à destination des familles que j’évoquais en l’attente d’un relogement plus pérenne. Ma demande est donc la suivante. M. le P., vous engagez-vous à réfléchir et surtout à mettre en place par le biais de notre outil Inolya, des logements d’urgence répartis judicieusement sur le territoire pour répondre à cette urgence de premier ordre. En raison des baisses prévues pour le FSL et le FSE, nous n’approuverons pas ce rapport pour cette partie.

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