Session du 28/09/2020 – Intervention de B. HAVARD sur la prime COVID aux SAAD

M. le P., CC. Ce rapport important est l’occasion de redire toute la reconnaissance que nous devons exprimer aux personnels qui ont, pendant cette période de crise sanitaire, fait preuve d’exemplarité, apportant un service irremplaçable et auquel aucun télétravail ne peut se substituer. J’interviendrai surtout sur la reconnaissance que mérite les agents des services d’aide à domicile. Ces femmes, car elles plus que majoritaires dans ces métiers – acceptons que le féminin l’emporte sur le masculin en l’occurrence- ont continué à se rendre au domicile des personnes âgées dépendantes, parfois la peur au ventre. Peur de contracter le virus ou de le transmettre avec les conséquences souvent définitives pour le public fragile dont elles prennent soin. Pour bien connaitre le service d’aide à domicile du CCAS de Mondeville, je peux témoigner que toutes celles qui n’avaient pas de contrindications médicales ont été sur le pont, certaines reportant leurs congés, volontaires week-end compris. Nous avons même vu une nouvelle retraitée demander à reprendre du service. Sans elles, je n’ose imaginer les conditions dramatiques dans lesquelles les personnes âgées auraient vécu cette période. A leur niveau, elles ont contribué à éviter un engorgement encore plus conséquent des services hospitaliers. Je veux ici publiquement les en remercier. Je ne peux donc que souscrire à vos propos introductifs quand vous saluez l’engagement remarquable dont ont fait preuve les professionnels qui étaient en première ligne durant cette période, et encore aujourd’hui, pour soigner, soutenir, rassurer les plus fragiles de nos concitoyens. De même, je veux saluer votre très bonne décision consistant à verser à tous les prestataires d’aide à domicile 100% des financements des heures consacrées aux bénéficiaires de l’APA et de la PCH alors que toutes ces heures n’ont pas été effectives. Ainsi, vous avez certainement évité des difficultés financières qui auraient pu être fatales à certaines de ces organisations. Vous avez, dans l’exercice de votre responsabilité, sauvegardé des emplois et permis la mise en place d’actions au bénéfice des salariés comme il est écrit dans le rapport. La lecture de la suite de ce rapport m’amène à formuler plusieurs questions pour obtenir des précisions et faire une suggestion. Les questions tout d’abord : Pourquoi avoir attendu l’aboutissement des négociations avec l’Etat pour accorder cette prime. ¼ des départements français avaient décidé de verser cette primer en amont de ces décisions. Dans les faits, vous parlez d’une prime versée en décembre pour engagement effectif en mars. C’est bien mais cela aurait pu être fait plus tôt. Certains prestataires ont d’ailleurs déjà versé cette prime ainsi que quelques CCAS. Vous avez prévu de régulariser cela. Deuxième question. Elle concerne les résidences autonomie dont il n’est pas question dans le rapport. Pouvez-vous me dire s’il s’agit d’un oubli ou d’un choix ? Il me semble que les personnels de ces établissements qui font partie de la sphère médico-sociale méritent tout autant d’être récompensés au même niveau. Troisième question : vous indiquez que la prime sera versée aux professionnels ayant exercé leurs fonctions entre le 1er et le 30 avril de manière effective (y compris en télétravail). Pouvez-vous expliquer d’une part, le choix d’arrêter cette période de prise en compte au 30 avril alors que le déconfinement n’a été effectif le 11 mai. D’autre part, vous indiquez « y compris en télétravail ». Merci de préciser ce qui peut être fait en télétravail concernant l’aide à domicile ? Enfin, et vous savez mon attachement à cette reconnaissance véritable de ces professions, pour laquelle je suis déjà intervenu plusieurs fois dans notre assemblée, notamment en décembre dernier lors de la refonte du mode de financement de l’aide à domicile. Vous comprendrez bien que lorsque vous déclarez que « plutôt qu’une prime parfois symbolique, notre enjeu est la revalorisation des métiers à domicile », je ne peux que vous appeler à passer aux actes pour faire de cette déclaration une réalité afin qu’enfin ces travailleuses de l’ombre indispensables soient enfin reconnues à la hauteur de leur engagement constant aux services des plus fragiles. Vous dites souhaiter que le département prenne toute sa part dans les négociations au niveau national. J’en appelle à un véritable Ségur de l’aide à domicile qui serait une véritable réponse à la situation passée et une vraie prise en considération de ces professions si mal reconnues.

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