Session du 21 septembre – Intervention de Bertrand HAVARD sur les collèges

Monsieur le Président, cher(e) collègues,

Ce dossier amène peu de remarques concernant les propositions qui y sont faites.

Pour ce qui est de la dotation de fonctionnement aux collèges, nous approuvons la bonification de 10% accordée aux collèges classés en REP ainsi que pour le collège Langevin Wallon de Blainville-sur-Orne.

Pour la restauration scolaire, vous proposez cinq grilles tarifaires qui visent à obtenir une convergence des tarifs à moyens termes. Dont acte, mais avez-vous fixé un calendrier qui permettrait de savoir quand une tarification unique sera opérationnelle dans tous les établissements du département. On peut comprendre que cela prenne du temps et que cela demande de la concertation mais il serait intéressant d’avoir une idée de ce calendrier.

Vous nous proposez d’approuver le règlement du service de restauration et d’hébergement. Deux remarques :

  1. A l’article 3 : tarif des prestations, je pense qu’il convient de modifier l’alinéa 2 de cet article. En effet, vous indiquez qu’ « un taux d’encadrement de l’augmentation des prix de la restauration est voté chaque année par l’assemblée départementale » or, dans certains cas, du fait de la volonté d’harmoniser ces tarifs, il s’agira d’une baisse. Bien sûr, un taux peut être négatif mais ne serait-il pas plus clair d’indiquer que « des grilles tarifaires seront votées chaque année par l’assemblée départementale ». C’est un détail.
  2. Il manque à mon sens un chapitre explicite sur la lutte contre le gaspillage alimentaire. C’est un axe sur lequel nous devons avoir des exigences fortes exprimées dans ce présent règlement pour réduire le gaspillage des denrées.

J’en viens aux commentaires qu’appelle le tableau des effectifs des collèges du département.

Lors de la dernière commission ESCC, Clara Dewaëlle-Canouel nous a expliqué que, si le total de cette rentrée faisait apparaitre une augmentation de 50 collégiens, en rappelant que ces chiffres émanent d’une enquête effectuée bien en amont de la rentrée, la réalité était plutôt celle d’une baisse de 150 élèves ! Soit une différence de 200 élèves ! Cela mérite explication. Je sais bien que nous n’avons pas encore les chiffres de la DASEN ni pour le public ni pour le privé mais je m’interroge sur les raisons de ce différentiel important. Mais peut-être pouvez-vous nous donner votre point de vue.

L’analyse de ce tableau permet plusieurs constats :

  1. Les faits sont têtus, la fermeture du collège Marcel PROUST de Cabourg et la nouvelle sectorisation vers le collège Paul ELUARD de Dives-sur-mer ne donne pas de résultats positifs. Dès la rentrée 2016, avec un taux d’arrivée des élèves de Cabourg très faible notamment en 5ème et 4ème, la perte des élèves a conduit à une réduction de 4 classes puisque de 12 classes à Dives-sur-mer et 8 à Cabourg en 2015, la rentrée s’effectuait avec 16 unités. La baisse a continué en 2017 dans un collège qui a accueilli les élèves dans 14 classes. Et cette rentrée ne s’effectue pas dans de meilleures conditions puisqu’il a perdu à nouveau 2 classes. En deux ans, 8 classes ont fermé au collège Paul ELUARD, soit exactement le nombre de classes dont disposait le collège Marcel PROUST ! CQFD, en deux ans, c’est l’équivalent du collège de Cabourg qui a disparu ! J’attends avec impatience les effectifs du collège Saint-Louis pour en tirer les conclusions qui s’imposent.
  2. Cette année votre choix de fermer les collèges de Port-en-Bessin et Colombelles se traduit financièrement par une économie de + de 216 k€. Nul ne peut croire que vous fermez des collèges pour faire des économies…

Ce que l’on constate d’après les chiffres communiqués, c’est que le report des élèves semble s’être bien opéré.

Si je connais moins la situation des collèges du Bessin, vous me permettrez de faire le point sur le nouveau collège Gisèle GUILLEMOT qui a ouvert ses portes cette année.

Je commencerai par dire toute ma reconnaissance dans l’effort qu’a fait le département pour réussir cette rentrée et permettre aux élèves, aux enseignants, aux personnels de direction, administratif et technique de bénéficier d’un collège neuf et dont le mobilier et les équipements sont de premier ordre. Je le dis ici sans forfanterie, vous avez, M. le P. fait ce qu’il fallait pour que les conditions de cette rentrée soient excellentes !

Je tiens à remercier les services du département bien sûr d’avoir fait en sorte de tenir les délais. Je veux aussi dire que sans l’implication totale de tous les personnels de ce nouveau collège qui ont assuré le déménagement et l’emménagement des établissements pendant les vacances, sans la préparation en amont entre les équipes des deux collèges pour veiller à permettre que les pratiques et les usages s’harmonisent et que la constitution des classes soit harmonieuse, sans la concertation entre les deux maires : Hélène BURGAT et Marc POTTIER, sans l’énergie mise par les services de la ville de Mondeville et de la SPLA Caen-presqu’île, sans enfin, la parfaite organisation et la réactivité des entreprises tant pour la construction du collège que pour la réalisation des abords de celui-ci, cette rentrée ne se serait certainement pas aussi bien déroulée. Que tous ces acteurs soient chaleureusement remerciés.

Et pour être allé à de nombreuses reprises dans ces locaux, j’ai pu constater la satisfaction des élèves, des enseignants et des personnels, des parents.

Si j’ai contesté et si je pense toujours que la fermeture du collège de Colombelles était une erreur à moyen et long termes, je dois reconnaître que le pari de cette rentrée est réussi.

J’ai exprimé mon mécontentement aussi au sujet de la méthode pour choisir le nom de ce collège. Pour autant, le choix de nommer cet établissement le collège Gisèle GUILLEMOT est fort. Lors de l’inauguration, des prises de paroles furent émouvantes pour évoquer la mémoire de cette femme née à Mondeville en 1922. Je ne résumerai pas sa vie ici, chacun pouvant trouver la biographie de cette résistante, déportée, commandeur de la Légion d’honneur ou lire ses écrits comme Entre parenthèses qui obtint le prix 2002 de sociologie et d’histoire de l’Académie Française ainsi que le prix du Comité Action Résistance.

Les personnes présentes à l’inauguration ont pu apprécier sa liberté de parole, son autodérision et son engagement à témoigner et à faire vivre l’esprit de la Résistance. Il faudra œuvrer pour que le nom donné à ce collège ne soit pas seulement un hommage à une personnalité du passé mais bien l’occasion de faire vivre les valeurs qui ont honoré les Résistants. Son message dans « Entre parenthèses est clair ». Elle y dit deux choses importantes en avant-propos :

La première destinée aux enseignants : « Notre travail de mémoire n’aura d’efficacité qu’autant il sera porté par ceux qui détiennent le pouvoir de dispenser la connaissance »

La deuxième à l’adresse des collégiens : « J’aimerais que nos témoignages donnent aux adolescents qui les entendent la volonté de régir leur destin collectif, d’assumer leur responsabilité de citoyen, chacun avec sa particularité. »

Deux messages qu’il conviendra de mettre concrètement en action.

Si le ton de mon intervention est jusqu’ici entièrement positif, il me faut maintenant aborder les interrogations, les inquiétudes pour l’avenir.

En effet, j’avais vous alerté sur l’évolution des effectifs à venir et vous aviez, à l’époque tenu à nous rassurer en me répondant que mes prévisions étaient trop généreuses.

Pour rappel, je parlais d’une rentrée 2018 à 552 élèves, ils sont aujourd’hui 559 ! Quand vous dites dans la presse que vous aviez vu juste, je m’interroge…

Les prochaines rentrées, à part peut-être la prochaine, devraient confirmer l’augmentation des effectifs de manière constante et il y aura probablement plus de 600 élèves dès 2021 ou 2022 ! Ces chiffres sont simplement calculés sur la base des effectifs réels des élèves présents dans les établissements primaires des deux communes, sans tenir compte des constructions de logements à venir sur ces villes au dynamisme démographique important qui voient plus de cent naissances annuelles chacune augmenter leur population scolaire future.

Dans votre intervention au cours de l’inauguration, vous avez M. le P. lâché un chiffre qui a fait réagir l’assistance et qui alimente les discussions aujourd’hui. Vous avez affirmé que le collège pouvait sans problèmes accueillir jusqu’à 640 élèves !

Vous avez, comme beaucoup d’entre nous visité ce collège. Je l’ai vu également en présence de tous les élèves lors de la remise des fournitures. Ce collège est déjà bien plein. Pour rappel, il a été conçu initialement pour 500 élèves, puis sa capacité a été portée à 550 sans en changer l’architecture mais en redéployant des locaux différemment. Cela a des incidences qui n’empêchent pas son fonctionnement mais qui le contraigne : la mutualisation de la salle de réunion et de permanence impose des déménagements, le foyer est insuffisamment dimensionné pour accueillir toutes les activités qui, pour le moment, peuvent avoir lieu pour certaines à l’extérieur, la restauration scolaire absorbe pour l’instant le nombre de rationnaires mais pourra difficilement en accueillir plus dans l’avenir sans nuire à la qualité de ce temps essentiel pour les collégiens, …

Si comme il semble bien, vous aviez depuis longtemps, prévu de fermer le collège Henri SELLIER et de modifier la sectorisation en scolarisant les élèves colombellois sur le nouveau collège en projet, pourquoi n’avez-vous pas porté sa capacité à 600 dès l’origine ?

L’attractivité de ce nouveau collège, la présence d’une classe CHAAP, la section sportive hand-ball qu’il propose, son équipement informatique de premier ordre, son implantation dans un quartier en pleine mutation, tous ces éléments convergent vers l’idée que les effectifs de ce collège vont croitre dans les années à venir. Déjà cette année, le report des élèves des communes s’est très bien effectué. Il a été accentué par plusieurs dérogations liées à la CHAAP (5 dérogataires) et la section hand-ball (15 dérogataires).

Au-delà de l’effectif actuel, les conditions d’accueil des élèves se verront forcément dégradées. Quelques éléments à ce sujet :

  1. Le bâtiment ne pourra accueillir tel qu’il est conçu que 24 classes soit 6 par niveau. Actuellement la moyenne est un peu supérieure à 24 élèves par classe sur 23 unités. C’était l’engagement avec le DASEN pour garantir de meilleures chances de réussite pour tous les élèves de s’approcher des effectifs des collèges en REP dont faisait partie le collège Henri SELLIER. En envisageant 630 (déclaration de votre DGA dans la presse) puis 640 lors de votre discours, cela impliquera des effectifs plus élevés dans les classes,
  2. Aujourd’hui 90% des élèves mangent au collège et c’est une bonne chose. Si les conditions actuelles sont satisfaisantes, elles ne le seront plus si l’effectif des rationnaires approche les 580.

Je pourrais continuer en parlant de la difficulté pour dédoubler les cours de langue ou au sujet de la taille de la cour et du préau qui se révèleront de taille insuffisante.

Dès lors de deux choses l’une : ou bien vous aurez à programmer une extension du collège à moins que vous n’envisagiez le recours à des constructions modulaires… Ou bien, vous envisagerez de revoir la carte scolaire de ce secteur comme votre projet initial l’envisageait, ce qui serait tout aussi inacceptable pour les deux communes avec lesquelles vous vous êtes engagé.

J’attends de votre part des réponses précises et argumentées pour que nous sachions tous, dès aujourd’hui quels seront vos choix dans les années à venir pour ce secteur.

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