Groupe Socialiste au Conseil Départemental du Calvados

Intervention de Bertrand HAVARD – Bilan annuel du schéma départemental de la politique culturelle

M. le Président, chers Collègues, Comme à chaque fois, parce que ce domaine est passionnant, je souhaite commenter le rapport sur le bilan de votre schéma départemental de la politique culturelle. Cette année est bien particulière et vous avez judicieusement choisi de faire référence aux trois années écoulées, l’année en cours étant si particulière. C’est pourtant par cette année 2020 que je commencerai mes propos. L’épidémie causée par le virus Covid-19 a été et continue d’être, en premier lieu, dramatique en terme de bilan humain et c’est bien sûr à cela que nous devons penser en premier. Elle porte aussi un coup très dur au monde de la culture dont les répercussions seront encore sensibles à moyen terme. Même si des dispositifs de sauvegarde du statut d’intermittence, de chômage partiel et d’aides financières auront permis de limiter les dégâts, il est à craindre que les petites structures auront du mal à s’en remettre. Je citerai l’exemple d’un jeune festival « Lilie’s creatures» que nous voulions aider pour sa deuxième édition dont on vient d’apprendre qu’il est mis à l’arrêt. Les porteurs de ce projet sont aujourd’hui tous au RSA et en recherche de boulot… L’avenir est compliqué. Entre les compagnies qui devaient montrer leur travail à Avignon cet été et qui, du fait de son annulation, n’auront pas de date pour les produire et celles qui verront l’horizon se boucher par les reports successifs des spectacles de deux saisons amputées, c’est tout un pan de la création, le travail de fond des compagnies qui est à mal et cela compromet leur avenir. Dans ces conditions l’aide que vous avez décidée pour les structures en difficulté est une très bonne mesure. La présentation du schéma est bien sûr très positive et à le lire, on a le sentiment que tout est fait et même parfait ! Bien sûr, il y a de réelles avancées que j’avais déjà relevées l’année dernière. Vous vous en étiez presque surpris. Pour ma part, je pense qu’un élu d’opposition se doit de reconnaitre ce qui est positif mais aussi de dire les omissions, les manquements ou améliorations dans un esprit constructif. Alors commençons par le meilleur. – 11 EPCI et 2 communes nouvelles ont contractualisé, c’est un de plus que l’année dernière. 12 professionnels recrutés pour coordonner les politiques culturelles, c’est très bien. – Très bien également, l’appui du département au dispositif soutenu par la DRAC “Territoires ruraux, Territoires de culture” qui permet, à ces territoires éloignés de lieux professionnels, de bénéficier de propositions relevant d’esthétiques très variées. Vous savez combien je suis sensible à l’accès de tous à la culture et plus spécialement en milieu rural. – Pour ce qui est de l’accès au spectacle vivant, je note que les saisons se sont développées et c’est tant mieux. Reconnaissez qu’à part à Cœur de Nacre avec C3 le cube, partout ailleurs les CDC ne sauraient se passer des services départementaux pour leur expertise en matière de programmation notamment. Ces saisons qui avaient vocation initialement à se passer du département dès 2018, existent et s’améliorent en s’appuyant sur nos services. Je continue à penser que cet apport est indispensable, qu’il garantit le professionnalisme des propositions et permet des saisons de spectacle à moindre coût. Tout le monde y gagne. Continuons ainsi! – Le parc de matériel complète cet apport du département. Aucune collectivité ou presque n’étant en mesure de s’en passer. Là encore l’appui du département est indispensable. Les coordonnateurs recrutés sur ces EPCI qui avancent ont une charge très lourde et doivent coordonner tous les axes de la politique culturelle en tenant compte parfois d’un existant complexe. Ils ont parfois maille à partir avec les dualités existantes entre certaines communes. Le soutien et l’appui de notre service est alors essentiel. Il reste que, si des territoires ont bien progressé, parmi ceux dont on savait qu’ils seraient volontaires, d’autres sont encore à un stade peu avancé et vous n’en parlez évidemment pas dans le rapport. On pourrait parler de Normandie Cabourg Pays d’Auge. Cet EPCI a bien du mal à construire collectivement un projet culturel. On pourrait parler de Val es Dunes qui a tendance à patiner. On pourrait parler de la Vire au Noireau, de Lisieux Normandie, vaste territoire qui possède des équipements mais dont la mise en œuvre d’une politique culturelle équilibrée est compliquée. Ici comme ailleurs, je suggère que nous apportions une attention particulière aux efforts qui seront faits sur la médiation culturelle. Car, ouvrir un lieu, proposer un spectacle, offrir des ressources culturelles sont des conditions bien sûr indispensables. Mais donner des moyens aux actions culturelles de qualité qui vont ouvrir l’accès à la culture du plus grand nombre l’est tout autant. J’en viens à l’éducation artistique pour noter l’effet très positif qu’a eu l’aide à l’investissement pour l’achat de parc d’instruments proposé aux écoles de musique. Cela a permis l’essor d’orchestres à l’école et donc une éducation artistique élargie au public scolaire et non pas seulement aux enfants qui ont la chance d’être inscrits en école de musique. Là encore, je pense que nous pourrions utiliser un levier intéressant pour développer cet accès à l’éducation musicale en incitant et finançant des postes de dumistes à la manière de l’aide apportée aux postes de coordinateurs. Nous pourrions avoir comme objectif d’avoir à terme un dumiste dans chaque territoire. Ces personnels spécialisés pour intervenir en milieu scolaire seraient un atout supplémentaire pour offrir une éducation musicale au plus grand nombre. D’une manière plus générale, je réitère, comme chaque année, ma demande de prendre plus en compte les pratiques amateures. Elles sont essentielles et peuvent trouver leur accomplissement en les mettant en lien avec les pratiques professionnelles. Je profite de cette prise de parole sur ce sujet pour rendre hommage à un des grands acteurs de ces pratiques, fou de musique et plus particulièrement du chant choral qui nous a quittés. Il s’agit de Jacques Vanherle, qui fut un fondateur et acteur important de l’ODACC, un promoteur infatigable du chant choral, un militant acharné de la pratique amateure. La voix de cet ami, son enthousiasme communicatif et son engagement exigeant nous manquent terriblement. Je ne développerai pas tous les axes de cette politique au risque d’être trop long. Je terminerai mon propos en revenant sur le spectacle vivant. J’entends déjà Virginie Le Dressay me dire, comme à chaque fois, que la politique culturelle ne se résume pas au spectacle vivant. Je le sais mais pour avoir assisté à l’ouverture de saison de la Renaissance le 24 septembre ou bien celle de Pré Bocage Intercom le 25 septembre avec plus de 200 personnes, je peux témoigner de l’enthousiasme des spectateurs. Bien sûr les masques et une certaine distance étaient de rigueur mais il y avait un réel plaisir, après une longue période d’abstinence, de pouvoir à nouveau assister à un VRAI spectacle, avec de VRAIS artistes qui offrent le meilleur d’eux-mêmes. Cet enthousiasme collectif est à partager dans tous les territoires. Notre action et les choix politiques que nous faisons doivent avoir cet objectif en espérant que l’avenir redonnera rapidement l’occasion de vivre ces moments forts, indispensables à l’épanouissement de chacun. Je vous remercie.

Voeu de Antoine CASINI – Coup de pouce aussi pour les jeunes non diplômés !

Dans un contexte de crise sanitaire et économique, le Département, chef de file des solidarités sociales, apporte son soutien aux jeunes diplômés calvadosiens en recherche active d’emploi. Nous soutenons naturellement l’aide aux jeunes diplômés, elle est nécessaire au regard de l’état inquiétant du marché de l’emploi. Cet accès est encore plus difficile pour les jeunes qui sortent sans diplôme. Dans notre pays, ils sont 100 000. En proratisant, un millier de jeunes calvadosiens se trouve donc dans cette situation. La majorité a décidé d’accorder en Octobre 250 € aux jeunes diplômés mais pas aux autres. Imaginer une famille avec deux enfants, l’un réussit et l’autre échoue. L’intervention publique à travers nos politiques sociales doit se faire prioritairement en direction des publics en difficulté. Au regard des sommes engagées et de ce millier de jeunes calvadosiens désarmés, cette aide, représente un effort théorique supplémentaire de notre collectivité de 250 000 €. Elle met en œuvre de façon concrète le principe de solidarité qui se trouve au cœur de nos missions et rétablit entre les jeunes calvadosiens l’égalité. Nous vous demandons donc de voter cette mesure de justice et d’accorder également une aide de 250 € aux jeunes sans diplôme et qui arrive cette année sur le marché du travail.

Intervention Edith HEUZÉ – DM2 2020

Monsieur le Président, Cher(e)s collègues, La période inédite que nous traversons sous fond de crise sanitaire ne peut nous détourner de nos missions d’élus qu’il nous faut poursuivre en responsabilité pour accompagner au mieux les habitants et les territoires du Calvados. Notre institution a dû prendre en urgence des mesures sans possibilité d’une vision perspective à la sortie du second confinement. La réactivité et l’implication des services sont à saluer. Dès septembre dernier nous pouvions mieux cerner et appréhender les difficultés en engageant des mesures de solidarité et opérer les nécessaires ajustements financiers. La mauvaise nouvelle d’octobre, confirmant la recrudescence du virus et la 2ème vague inévitable, nous a plongés à nouveau dans un confinement partiel et plus souple . Dans cette période anxiogène et incertaine, le budget de notre collectivité montre bien le tableau d’une situation financière paradoxalement satisfaisante au regard de la crise inédite que nous traversons et nous pouvons nous considérer plutôt bien armés pour faire face aux difficultés sociales et économiques qui vont, hélas, s’accentuer en 2021. Au-delà de nos différences d’appréciation sur certains sujets, une solidarité républicaine s’impose. Soyez assurés de notre contribution pour affronter la période exceptionnelle que nous traversons et apporter des solutions aux difficultés présentes et à venir. La présentation du rapport sur la décision modificative n° 2 va se trouver modifiée suite aux propositions nouvelles de dernière minute qui engagent une enveloppe de 10 M € sur le budget 2020. Ces propositions font l’objet d’une analyse détaillée dans le rapport présenté en dérogation des délais de transmission. Nous acceptons de bien vouloir considérer le peu de temps laissé à la réflexion en raison de l’urgence conduisant à agir ainsi. . La DM2 est donc présentée dans le rapport en équilibre global à – 19,5 M€ mais qui sera ramené à – 9,5M€ après le vote du plan de soutien que nous étudierons au cours de la session. En fonctionnement, le point important à relever au niveau des recettes, c’est bien sûr celui du montant des DMTO. En février dernier, une certaine prudence a fait revoir à la baisse cette recette que vous aviez fixé au Budget Primitif à hauteur de 120 M€ en la diminuant en DM1 de 30 M€, la plaçant ainsi au niveau de la DGF soit 90M€. Après des interrogations et des craintes, nous constatons que le secteur immobilier s’est particulièrement bien maintenu, ce qui permet de corriger positivement cette recette que vous portez à nouveau à 120 M€ . Vous devez tenir compte aussi de l’avance consentie par l’Etat de 8 millions d’euros en réaction préventive à une forte baisse des DMTO qui, encore une fois, ne s’est pas concrétisée dans le Calvados. A ce stade, je tiens à rappeler notre proposition au Budget Primitif 2020 que vous n’aviez pas voulu retenir. Il s’agissait d’augmenter de 10 M € votre prévisions, nous mesurerons le niveau des encaissements au 31 décembre prochain ! Au B.P. 2020 et aussi sur les exercices antérieurs, nous vous alertions sur la situation sociale dégradée qui laissait entrevoir un besoin criant en Investissement comme en fonctionnement pour affronter une crise profonde à venir «en réaction à l’urgence sociale qui se faisait déjà cruellement sentir» . Je veux aujourd’hui à nouveau faire référence à nos amendements notamment pour agir urgemment dans le domaine des solidarités humaines et plus particulièrement celui de la protection de l’enfance et de l’insertion des bénéficiaires du RSA. Notre volonté était d’agir d’abord sur le domaine de la prévention avec des mesures pérennes et non en urgence sur le curatif et de façon ponctuelle comme aujourd’hui. L’intervention de notre collègue Éric VÈVE en décembre 2019 sur «l’Enfance en danger» allait aussi dans ce sens . Il vous alertait sur les 120 enfants en danger faute de placements possibles. Aujourd’hui à la veille de Noël , le chiffre des enfants en attente de solutions est tragiquement le même ! Notre amendement N°1 demandait la création de places supplémentaires d’hébergement et le renforcement des personnels qualifiés notamment les médecins de PMI et les infirmières …Le schéma de l’Enfance devra répondre dans les meilleurs délais à ces besoins indispensables ! Malheureusement et à notre grand regret, ce n’est pas la première année, nous constatons une sous-estimation des recettes DMTO qui se traduit par une sous-estimation de nos capacités d’investissements qui devraient permettre d’amortir toute crise à survenir. Par ailleurs, je note également que la provision de 10 M€ mobilisée en juin pour faire face aux besoins éventuels n’a pas été utilisée ou partiellement ce qui vous engage à la reporter sur l’exercice n+1 au titre de l’exclusion sociale et de la pauvreté en prévision d’une augmentation des crédits RSA de + 15 M€ pour le prochain exercice. Toujours en fonctionnement, nous pouvons souligner l’actualisation de la recette CNSA ( Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie ) à hauteur de 2,4 M€ qui concerne l’APA et la PCH . Concernant le dossier COVAGE, les pénalités de retard réclamées à la société par le département et contestées par cette dernière au Tribunal administratif fixe une inscription de 2,2 M€ en recettes que nous retrouverons également en dépenses. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce dossier du très haut débit ( THD ) qui nous préoccupe depuis plusieurs années. Les dépenses de fonctionnement seront corrigées en fonction des propositions nouvelles L’augmentation de plus de 1 400 bénéficiaires du R S A depuis le début d’année induit une hausse de la dépense de + 4 M€ portant la prévision totale à 89,4 M€. En parallèle, il est à noter au titre des politiques de solidarité, le financement complémentaire de l’Etat pour 1,2 M€. Le fonds pour les travailleurs non-salariés demande une actualisation car nous enregistrons 2 000 bénéficiaires à raison du montant du RSA soit 567 € par bénéficiaire. L’accompagnement des M N A, plus particulièrement sur le volet contrats jeunes majeurs, voit un renforcement financier bienvenu de 900 k€. Dans le cadre du contrat d’objectif 2021 avec l’ADMR, l’apurement des comptes concernant le remboursement du cumul de déficits 2012-2017 consacre 1 M€ de dépenses dû au prestataire. La décision prise sur les primes COVID-19 si justifiées s’inscrit pour un montant de 1,8 M€. Nous notons parmi les subventions supplémentaires le doublement des subventions accordées aux associations d’aide alimentaire soit une enveloppe supplémentaire de 70 k€. Ces associations sont dans des difficultés extrêmes. La solidarité de notre assemblée est pleinement logique. L’ investissement sera également impacté par les propositions nouvelles . La baisse des recettes d’investissement constatée est la conséquence des reports en dépenses qui se traduit par une baisse importante des autorisations d’emprunt de 30 M€. En dépenses, la réduction de 17,8 M€ de crédits de paiement est due au retard pris dans les projets en raison de la crise sanitaire notamment le projet Fibre Calvados pour 7 M€ et des projets routiers. Le programme d’investissement affiché au BP de Février à hauteur de 149,8 M€ n’atteindra que 126,5 M€. Nous devons nous interroger sur ces reports successifs qui freinent nos programmes d’investissement. Tous ne sont pas dus à la crise COVID. Pour finir, un plan de soutien social afin de faire face à la crise sanitaire propose de consacrer une enveloppe de 10 M € , la recette DMTO étant réajustée à la hausse . L’ensemble des mesures d’urgence se répartissent pour 8,3 M€ en fonctionnement et 267800 € en investissement. Le delta de 1,3 M€ sera inscrit en dépenses imprévues pour l’exercice 2020. Elles ne manqueront pas d’être sollicitées d’ici la fin de 2020 Nous approuvons bien naturellement ce plan de soutien en regrettant deux points : D’une part, le retard pris dans le règlement de la crise sociale bien antérieure à la crise sanitaire qui n’a fait qu’accentuer les difficultés des personnes, un constat déjà fait depuis de nombreux mois. Nous rejoignons en ce sens Mr le Président dans la référence faite au mouvement des gilets jaunes . D’autre part, la réactivité trop tardive en mode curatif alors que nous avons marqué constamment notre volonté d’agir sur le préventif, générateur de solutions réfléchies, adaptées et in fine facteur d’économies sur les politiques sociales. Je vous informe dès à présent de notre vote d’abstention sur la DM 2 . En vous remerciant, Edith HEUZÉ pour le groupe Socialistes et Républicains

Session du 28/09/2020 – Intervention de B. HAVARD sur la prime COVID aux SAAD

M. le P., CC. Ce rapport important est l’occasion de redire toute la reconnaissance que nous devons exprimer aux personnels qui ont, pendant cette période de crise sanitaire, fait preuve d’exemplarité, apportant un service irremplaçable et auquel aucun télétravail ne peut se substituer. J’interviendrai surtout sur la reconnaissance que mérite les agents des services d’aide à domicile. Ces femmes, car elles plus que majoritaires dans ces métiers – acceptons que le féminin l’emporte sur le masculin en l’occurrence- ont continué à se rendre au domicile des personnes âgées dépendantes, parfois la peur au ventre. Peur de contracter le virus ou de le transmettre avec les conséquences souvent définitives pour le public fragile dont elles prennent soin. Pour bien connaitre le service d’aide à domicile du CCAS de Mondeville, je peux témoigner que toutes celles qui n’avaient pas de contrindications médicales ont été sur le pont, certaines reportant leurs congés, volontaires week-end compris. Nous avons même vu une nouvelle retraitée demander à reprendre du service. Sans elles, je n’ose imaginer les conditions dramatiques dans lesquelles les personnes âgées auraient vécu cette période. A leur niveau, elles ont contribué à éviter un engorgement encore plus conséquent des services hospitaliers. Je veux ici publiquement les en remercier. Je ne peux donc que souscrire à vos propos introductifs quand vous saluez l’engagement remarquable dont ont fait preuve les professionnels qui étaient en première ligne durant cette période, et encore aujourd’hui, pour soigner, soutenir, rassurer les plus fragiles de nos concitoyens. De même, je veux saluer votre très bonne décision consistant à verser à tous les prestataires d’aide à domicile 100% des financements des heures consacrées aux bénéficiaires de l’APA et de la PCH alors que toutes ces heures n’ont pas été effectives. Ainsi, vous avez certainement évité des difficultés financières qui auraient pu être fatales à certaines de ces organisations. Vous avez, dans l’exercice de votre responsabilité, sauvegardé des emplois et permis la mise en place d’actions au bénéfice des salariés comme il est écrit dans le rapport. La lecture de la suite de ce rapport m’amène à formuler plusieurs questions pour obtenir des précisions et faire une suggestion. Les questions tout d’abord : Pourquoi avoir attendu l’aboutissement des négociations avec l’Etat pour accorder cette prime. ¼ des départements français avaient décidé de verser cette primer en amont de ces décisions. Dans les faits, vous parlez d’une prime versée en décembre pour engagement effectif en mars. C’est bien mais cela aurait pu être fait plus tôt. Certains prestataires ont d’ailleurs déjà versé cette prime ainsi que quelques CCAS. Vous avez prévu de régulariser cela. Deuxième question. Elle concerne les résidences autonomie dont il n’est pas question dans le rapport. Pouvez-vous me dire s’il s’agit d’un oubli ou d’un choix ? Il me semble que les personnels de ces établissements qui font partie de la sphère médico-sociale méritent tout autant d’être récompensés au même niveau. Troisième question : vous indiquez que la prime sera versée aux professionnels ayant exercé leurs fonctions entre le 1er et le 30 avril de manière effective (y compris en télétravail). Pouvez-vous expliquer d’une part, le choix d’arrêter cette période de prise en compte au 30 avril alors que le déconfinement n’a été effectif le 11 mai. D’autre part, vous indiquez « y compris en télétravail ». Merci de préciser ce qui peut être fait en télétravail concernant l’aide à domicile ? Enfin, et vous savez mon attachement à cette reconnaissance véritable de ces professions, pour laquelle je suis déjà intervenu plusieurs fois dans notre assemblée, notamment en décembre dernier lors de la refonte du mode de financement de l’aide à domicile. Vous comprendrez bien que lorsque vous déclarez que « plutôt qu’une prime parfois symbolique, notre enjeu est la revalorisation des métiers à domicile », je ne peux que vous appeler à passer aux actes pour faire de cette déclaration une réalité afin qu’enfin ces travailleuses de l’ombre indispensables soient enfin reconnues à la hauteur de leur engagement constant aux services des plus fragiles. Vous dites souhaiter que le département prenne toute sa part dans les négociations au niveau national. J’en appelle à un véritable Ségur de l’aide à domicile qui serait une véritable réponse à la situation passée et une vraie prise en considération de ces professions si mal reconnues.

Session du 28/09/2020 – Intervention de M. BOURBON sur la situation des collèges pour les collégiens du canton d’Evrecy

Monsieur le Président, Cher Président, Chères Collègues, Monsieur le Président, je suis ravi de savoir que la rentrée des collégiens s’est bien déroulée grâce à l’engagement de tous, malgré la situation anxiogène que nous connaissons. Cependant, je me permets d’attirer une nouvelle fois votre attention au sujet de l’évolution démographique du canton d’Évrecy. Elle aura des répercussions importantes sur les conditions d’accueil des futurs collégiens de notre canton. Les 2 collèges de Saint Martin de Fontenay et d’Évrecy sont au maximum de leurs capacités depuis 10 ans. Avec la bonne volonté de tous, la carte scolaire a été ajustée par 2 fois pour faire face à l’afflux supplémentaire de collégiens. Les collégiens du territoire Est, anciennement Plaine-Sud, se répartissent entre les collèges de Bretteville sur Laize, de Saint Martin de Fontenay, d’Ifs. Cette solution qui a eu le mérite d’absorber les effectifs pour ce territoire ne tiendra qu’un temps, des centaines de logements supplémentaires vont être construits dans cette zone d’habitat. Pour la partie Ouest du canton, pour les secteurs d’Évrecy et de Fontaine Étoupefour, selon les constructions programmées de logements sur plusieurs communes, la problématique sera identique. Les collèges d’Évrecy ou de Verson au regard de leurs fréquentations existantes, ne pourront faire face aux besoins à venir. Avec les Élus du canton, nous voulons être acteurs et maîtriser de manière harmonieuse les équipements indispensables à notre territoire. Aussi nous voudrions avoir de la visibilité pour les années à venir afin de garantir le meilleur accueil aux collégiens de demain. En terme d’aménagement du territoire, les collèges constituent un élément essentiel d’attractivité pour nos populations, mais surtout pour l’avenir de nos enfants et leur réussite scolaire. La proximité est un atout majeur, limite les transports, les déplacements et la saturation d’un réseau routier surchargé. Nous sommes tous à votre disposition pour conduire des études prospectives, vous apporter des éléments d’appréciation, anticiper une situation qui nous préoccupe fortement et pour laquelle nous devons assumer ensemble dans les meilleures conditions possibles. Je vous remercie pour votre attention.

Session du 28/09/2020 – Intervention de M. BOURBON sur le saut de mouton en avant gare de Paris St Lazare

Monsieur le Président, Cher Président, Chers Collègues, Je ne peux que soutenir cette démarche, pour réaliser le saut de mouton, mais aussi pour accompagner le projet de ligne nouvelle Paris-Normandie. Cependant le plan de financement du saut de mouton, me paraît être subordonné à l’engagement essentiel de l’État dans le cadre du plan de relance. Si celui-ci ne se réalise pas qu’en sera-t-il ? Sommes-nous tous bien d’accord pour multiplier éventuellement par 2 nos participations financières ? Pour ce qui concerne le Conseil Départemental du Calvados vous évoquait la réservation d’une enveloppe maximale de 5,69 millions d’investissements, est-ce réellement un plafond ? En marge de cette question et, à ce stade, je suis tenté d’exprimer une première opinion sur les contreparties ou garanties apportées par la SNCF-Réseau. A la lecture du présent rapport, elles me paraissent insuffisamment établies et laissent planer des incertitudes, à la fois, sur le calendrier mais aussi en terme d’amélioration future du service aux usagers. Il semblerait opportun de contractualiser avec des engagements fermes et opposables de sa part pour ne pas connaître ultérieurement des désillusions. Je vous remercie pour votre attention.

Session du 28/09/2020 – Intervention d’A. CASINI sur le plan départemental de relance sociale

Monsieur le Président, Mes cher(e)s collègues, Comme vous l’avez dit, la période que nous vivons est en tout point exceptionnelle. Je ne parle pas de la gravité de la crise, mais de ce en quoi elle est révélatrice : dysfonctionnement de l’Etat, hyper-sensibilité de notre société à l’idée du risque, état alarmant de l’état de notre jeunesse. Notre jeunesse a payé un lourd tribu à l’hyper réaction de notre société à la crise Je pense : – au confinement généralisé de notre population face à une épidémie de qui pour l’essentiel touchent les plus âgées et les plus fragiles d’entre nous. – à l’arrêt brutal de l´activité économique de notre pays et au plongeon sans précédent de notre croissance depuis la seconde de guerre mondiale ( -17% au 1er trimestre). Je pense enfin et surtout à ces centaines de milliers de personnes qui viennent de basculer, dans la crainte: la précarité, la pauvreté ou simplement la peur de ne plus pouvoir dans les mois à venir rembourser leur emprunt ou régler leur loyer, subvenir aux besoins de leurs enfants. Face à drame, qui a bien des égards s’apparente à un effondrement, les collectivités et notre Département ont pris dans l’urgence, et aujourd’hui dans le cadre du plan de relance un certain nombre de dispositions complémentaires à ceux de l’Etat, je pense en particulier en direction des travailleurs non-salariés. Nous ne pouvons que nous en féliciter. Vous nous proposez aujourd’hui un dispositif en direction des jeunes, nous avons raison d’avoir un regard particulier à leur égard. Dans un département, une capitale régionale qui vit aussi au rythme de son université et de ses étudiants, la fermeture de nos écoles, collèges, lycées, universités, a été vécue comme une épreuve et une année perdue. Ils étaient hier confinés comme nous, mais à un âge où il est plus douloureux de l’être. Les voilà aujourd’hui bridés dans leurs libertés, comme nous mais à un âge où il est plus douloureux de l’être. Nous avons déjà plusieurs décennies de vie sociale derrière vous, voir moins ses amis et ne pas avoir l’occasion de faire de nouvelles rencontres n’est pas viscéralement pesant. Le manque est désagréable, mais il n’agit pas perversement sur le devenir. Lorsque par contre vous appartenez à cette tranche d’âge qui va de la fin de l’adolescence au début de l’insertion professionnelle, la situation est plus douloureuse. C’est sans doute la période de la vie où l’autre est le plus important. Non pas la mère, le père, les membres de la famille ou les anciens amis. Mais autrui l’inconnu, autrui rencontré par hasard et qui ouvre des mondes différents, autrui la nouveauté. Il n’est pas étonnant que ce soit parmi les plus jeunes, que certains commencent à comprendre le sens des mots “jeunesse volée”. Il faut donc rendre hommage à leur solidarité. Notre jeunesse s’est également engagée, et je veux, comme vous, rendre hommage à leur dynamisme, et à leur sens indéniable de l’engagement collectif. Parmi les 300 000 personnes qui se sont spontanément portées volontaires au travers de la plateforme de la réserve civique, 40 % avaient moins de 30 ans. 58 000 jeunes en service civique ont transformé leur mission pour contribuer à l’effort national contre la pandémie. Et c’est pourquoi ils méritent beaucoup d’égards. Car avant même que cette crise ne surgisse, nous leur devions beaucoup. Bien avant la crise, les statistiques démontraient que le taux de pauvreté chez les 18-29 ans étaient 4 fois supérieurs au plus de 60 ans En 20 ans, la pauvreté a augmenté de 50 % dans cette tranche d’âge. Ce n’est pas sans poser une question majeure sur la hauteur de la solidarité de la nation à leur égard. Que devons-nous faire? 1/ Le revenu de solidarité active (RSA) pourrait être un filet de sécurité salutaire dans cette période, même s’il est évidemment loin d’être suffisant et qu’il ne peut pas constituer un horizon. Or, depuis des décennies, la majorité est fixée à 18 ans. À cet âge, les jeunes peuvent voter, être salariés, ils doivent payer des cotisations et des impôts, et j’en passe, mais ils se voient toujours refuser l’accès essentiel à ce volet de la solidarité nationale. Je rappelle qu’un grand chantier a été ouvert, celui du revenu universel d’activité (RUA), pour revoir la manière dont on accompagne les plus précaires de notre pays. La question des jeunes en fait pleinement partie. Les travaux vont se poursuivre, mais on sait que le revenu universel d’activité doit être mis en place à l’horizon de 2023. 2/ Mais vous l’avez dit, chaque fois que survient une crise économique – cela a été vérifié en 2008 et en 1993 –, les premiers touchés et ceux qui le sont les plus durement sont les plus vulnérables et, parmi eux, il y a les jeunes, quel que soit, d’ailleurs, leur niveau de qualification. Deux chiffres résument, à eux seuls, l’importance du débat que vous nous proposez aujourd’hui : 550 000 jeunes de moins de 25 ans sont actuellement au chômage et 700 000 jeunes sont arrivés sur le marché du travail ce mois-ci. Dans son dernier communiqué de presse, l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) observe une chute de 69 % des offres d’emploi destinées aux jeunes diplômés par rapport à l’année dernière. Le paradoxe est donc que les jeunes, largement épargnées par la crise sanitaire, risquent d’être les premières victimes de la crise économique et sociale qui va suivre. J’en arrive à votre proposition proprement dite. Vous proposez de verser aux primo-entrants une allocation de 250 euros mais, réservée aux seuls diplômés. Votre proposition élimine de fait celles et ceux, ils sont environ un millier dans notre département, sortis sans diplôme. Ce serait donc une forme de double peine pour un public de jeunes issus très souvent de milieux défavorisés et qui sans diplôme ont beaucoup de mal à trouver un emploi. Nous vous demandons donc de retirer la condition du diplôme et d’étendre cette mesure à tous les jeunes Calvadosiens sortis du système scolaire en juin dernier et actuellement en recherche effective d’emploi. Claude Picart, à l’Insee, livre une analyse sans concession de l’effet des diplômes sur l’insertion professionnelle dans le dernier rapport « Emploi, chômage et revenus du travail » de l’agence publique. « Parce qu’ils sont de moins en moins nombreux, les jeunes peu ou pas diplômés sont de plus en plus marginalisés sur le marché du travail ». Depuis des décennies, le niveau de diplôme des jeunes Français augmente. Alors qu’en 1982 plus de la moitié des personnes sur le marché du travail (travailleurs, chômeurs et inactifs) était titulaire au maximum d’un brevet des collèges, cette part de peu ou pas diplômés a été divisé par trois. De la même façon, en 1982 seuls 21 % des participants au marché du travail avaient un diplôme supérieur au BEP, tandis qu’en 2018, 60 % sont dans ce cas. À lire aussi : Sauf qu’ « avec l’élévation générale du niveau d’éducation, chaque diplôme protège de moins en moins du non emploi contraint », détaille l’Insee. On assiste à un phénomène d’éviction : les embauches qui jusque-là demeuraient accessibles aux jeunes peu ou pas diplômés préfèrent désormais prendre des jeunes diplômés. Lesquels se retrouvent alors victimes d’un « déclassement ».

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