Tribune du journal du Calvados : Qui complote contre la ruralité ?

M. Jean-Léonce Dupont, Sénateur du Calvados et Président UDI  du Conseil Général du Calvados a récemment publié deux articles aux titres inquiétants : « De la ruralité ne faisons pas table rase ! » (La Gazette des communes du 4 juin 2013) et  « Réformes des élections locales, le rural piégé » (Ouest France du 14 mai 2013). Quel péril menacerait les ruraux ? Selon le Sénateur Dupont c’est d’abord la réforme des élections locales. Voyons ce qui l’inquiète tant.

1) Cette réforme nous dit-il « modifie en profondeur  le cadre des élections cantonales (…) et celui des municipales dans les petites communes avec des conséquences sur la composition du collège des grands électeurs » lesquels élisent les sénateurs : est-ce exact ? Est-ce grave ? En fait si les villes de plus de 30 000 habitants seront mieux représentées au sein de ce collège, les maires, ruraux ou autres, seront toujours aussi nombreux. Quant aux Conseillers Généraux devenus Départementaux il y en aura un de plus dans le Calvados, cela devrait préserver l’influence déterminante des élus ruraux dans l’élection des sénateurs.

2) Le redécoupage des cantons tient compte des « mutations démographiques » c’est-à-dire qu’il prévoit que les cantons auront un nombre d’habitants équivalent. Aujourd’hui, certains cantons du Calvados ont moins de  5 000 habitants et d’autres plus de 26 000, de telles différences ne sont pas défendables.

3) Elle prévoit un scrutin à la proportionnelle dans les départements qui élisent trois sénateurs au lieu de quatre. Aujourd’hui des départements fonctionnent déjà avec ce système et même la droite ne suggère pas que ces sénateurs sont moins représentatifs.  

4) Elle s’ajouterait à « l’abandon manifeste du rural par l’Etat »: il est vrai que le monde rural a souffert lors de ces 10 dernières années. Des postes d’enseignants ont disparu (88 dans le Calvados à la rentrée 2012, 61 en 2011), les gendarmes sont moins nombreux dans nos villages, les médecins manquent, les services techniques de l’Etat, autrefois à la disposition des communes, ont vu leurs effectifs réduits et leurs missions revues à la baisse. Ce fut une mauvaise politique, celle du gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Ajoutons que même l’agriculture, pourtant emblématique de la ruralité connaît une évolution préoccupante: entre 2000 et 2011, le nombre d’exploitations agricoles dans le  Calvados est passé d’un peu plus de 9 000 à moins de 6 500, les emplois agricoles de 12 073 à 9 216 et chacun connaît les difficultés que rencontrent nos éleveurs.

Les élus de l’ancienne majorité oublient ce que furent les réactions quand Jean-Pierre Chevènement a créé les Communautés de Communes. Déjà on nous annonçait la disparition des communes rurales. Aujourd’hui, plus personne n’envisage de revenir sur cette réforme capitale.

Ils oublient aussi que Nicolas Sarkozy voulait supprimer les départements et par voie de conséquence les élus départementaux.

La ruralité n’appartient à personne. De droite ou de gauche, nous sommes tous attachés à nos racines rurales, prenons exemple sur les vieilles traditions d’entraide et de tolérance de la ruralité et évitons les caricatures. 

Les élus du groupe socialiste et radical

Archives
Abonnez-vous!

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation!