Session février 2020 – Intervention de Bertrand HAVARD sur les collèges

Rapport C1 – Permettre l’épanouissement et la réussite des collégiens Intervention de Bertrand HAVARD

Monsieur le Président, Chers Collègues, Un mot d’abord pour dire combien le travail des commissions manque de sérieux. Ce dossier fut présenté en un temps très court lors d’une commission qui a battu tous les records de vitesse. J’ai souvenir du temps où, avec Henri GIRARD, nous étudiions sur deux ou trois jours l’ensemble des dossiers de la commission. Bien sûr nos compétences sont moins nombreuses aujourd’hui. Mais, cette année, nous avons abordé l’ensemble des dossiers de la commission ESCC en 2h, non pas sur les rapports eux-mêmes mais sur une présentation synthétique projetée et commentée par les directeurs et directrices concernés. Nous n’avions pas encore les rapports sous la forme papier puisque nous ne les avons reçus que très récemment. La commission s’est réunie le lundi 13 janvier. Les rapports ne nous avaient été envoyés sur Airs delib que le vendredi précédent. Franchement, M. le P. mes CC, ou bien cela convient à tout le monde et tout va pour le mieux et on pourra, au rythme où vont les choses bientôt se passer de réunir les commissions et laisser totalement la main à l’administration comme l’évolution de votre façon d’organiser notre travail le laisse penser. Ou bien, il faudrait un portage politique plus fort et un vrai travail d’échanges et de construction en commission. J’en viens au rapport. Ce rapport contient des éléments positifs à relever : Nous avons toujours dit et continuons de dire notre accord avec la politique d’investissement consacrée au bâti des collèges et le plan pluriannuel d’investissement 2016/2021 de plus de 73 M€. L’accent mis sur la quête d’économie d’énergie au cours des opérations de travaux est une bonne mesure conforme à la nécessité de prendre en compte les impératifs liés à la transition écologique. Nous approuvons également l’effort fait sur le numérique, indispensable aujourd’hui. De même, nous sommes en accord avec vous sur le sujet de la lutte contre le gaspillage alimentaire que vous qualifiez d’axe de travail majeur. Nous sommes favorables également à votre volonté de déployer le matériel et l’équipement à destination des agents d’entretien des collèges afin de réduire la pénibilité de leur tâche. Il me semble malgré tout que nous devrions accentuer la valorisation des personnels, notamment les personnels de cuisine qui, comme je l’ai déjà dit les années précédentes, se voient confier des responsabilités plus importantes et un alourdissement de leur charge. La loi Egalim dont le fondement n’est pas à remettre en cause s’accompagne de surcharge de travail car elle complique les marchés d’approvisionnement qui leur incombent et la préparation des repas. Concernant les aides à la scolarité nous observons une baisse du nombre de boursiers de l’ordre de 200 en moins. Je pense que nous devrions faire le maximum pour, en accord avec les villes et leur CCAS diminuer le non recours à ces aides. Nous savons toutes et tous que dans chacun de nos collèges, plusieurs familles n’effectuent pas le nécessaire pour bénéficier de ces bourses qui pourtant permettraient à leur enfant de bénéficier d’un bon repas chaque jour de classe au moins. Voilà beaucoup de points d’accord. Pourtant, je me dois de redire ici combien nous pensons qu’un projet éducatif départemental resterait bien utile pour mieux formaliser les actions du département dans cette compétence et développer de nouveaux axes comme permettre de véritables parcours culturels par exemple ou lancer des appels à projets pour accompagner les démarches de lutte contre le décrochage scolaire. Je redis également que la tarification unique pour la restauration scolaire est œuvre utile mais aurait dû s’appuyer sur une tarification sociale prenant en compte le quotient familial des familles. Ce serait plus juste. Enfin, je voudrais revenir sur deux de vos assertions dans le document : Vous dites p 331: « tenir compte des projections démographiques, des données sociales et urbaines » Plus loin page 337, vous dites : « prendre en considération l’évolution des effectifs et son incidence sur les capacités d’accueil. » Voilà des déclarations tout à fait louables mais elles se confrontent à la réalité de terrain qui ne les confirment pas. Plusieurs collèges, notamment au sud de Caen sont à plus de 90% de remplissage. Je n’en citerai que quelques-uns : Aunay-sur-Odon 105%, Bretteville sur Laize : 104%, Ifs 98%, Evrecy 93%, Mondeville 105%,… Vous refusez de mettre en place une commission ouverte réclamée par les associations de parents d’élèves, les associations d’éducation populaire et des élus – il est vrai d’opposition. Mais quand prendrez-vous cette question avec le sérieux qu’elle réclame. L’impréparation de la fermeture du collège Henri SELLIER était patente et le collège GUILLEMOT est déjà en surpopulation scolaire. Ifs connait des difficultés de fonctionnement en raison de l’effectif qui ne cesse de croitre. Les prévisions de croissance de population dans cette zone géographique sont importantes : Colombelles a connu une croissance de 3,7 % la deuxième croissance la plus forte du département et atteint quasiment 7000 habitants. Son maire déclare recevoir chaque année 200 habitants supplémentaires. La dynamique de Mondeville est également très forte pour cette ville très attractive et le classement du JDD comme première ville de sa strate le confirme, a dépassé les 10 000 habitants. Les projets d’Ifs vont aussi accroitre sa population. Quelles solutions réfléchies de carte scolaire proposerez-vous quand des rumeurs annoncent déjà le redéploiement d’un quartier d’Ifs vers le collège Hawking ? Bien sûr, il s’agit de rumeurs mais chacun se rappelle quelques rumeurs qui sont devenues réalité. Je vous demande donc à nouveau qu’une vraie concertation sur la révision de la carte scolaire. Pour le reste du rapport, notre position n’a pas évolué concernant l’investissement pour les établissements privés et nous ne voterons pas les 135 236.27 € de crédits que vous proposez dans le cadre de la loi Falloux. Comme chaque année, nous voterons la quasi-totalité des propositions de votre rapport. Nous trouvons la politique départementale en faveur des collèges satisfaisante sur le plan des investissements. Notre divergence porte sur votre manque d’anticipation et de l’approche globale de cette politique.

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