Session du 21 septembre 2018 – Discours de Gilles DETERVILLE

Monsieur le Président, cher(e) collègues,

L’été a été réussi du point de vue touristique dans le Calvados, notamment entre le 14 juillet et le 15 août. L’un des meilleurs même depuis 10 ans dit-on.

Tant mieux pour toutes celles et tous ceux qui ont pu partir en vacances et tant mieux pour l’économie locale qui a pu en profiter.

Mais il existe une des inégalités sociales les plus insupportables, c’est celle qui fait qu’encore 25 % des enfants de moins de 12 ans de notre pays ne partent pas en vacances.

Mais ce sont la moitié des enfants d’agriculteurs, le tiers des enfants d’employés contre 5 % seulement des enfants de cadres.

La décision que vous avez prise au début de 2018 de ne plus aider les moins de 12 ans a encore aggravé les choses.

Nous devons toutes et tous nous poser la question devant un tel constat. Soit on considère qu’il y a là une forme de fatalité et que c’est bien triste, soit et nous sommes de ceux-là, nous décidons de prendre résolument en main cette question et on fait en sorte que cette injustice disparaisse. C’est possible pour un coût maitrisé.

Vous revenez essentiellement dans le cadre de cette session publique sur ce que vous appelez la mise à jour du plan de mandature.

En vous lisant il m’est venu à l’esprit cette aphorisme : « en matière de modestie, je suis le meilleur ».

C’est toutefois un exercice utile qui nous permettra de marquer nos points de différences voire de divergences.

Ils sont connus pour la plupart puisque à l’occasion des débats budgétaires de chaque année nous avons la possibilité de les souligner.

Mes collègues, chacun en fonction de la commission où il siège les évoqueront tout à l’heure.

C’est assurément dans le domaine du Logement et de l’Habitat que les marges de progrès sont les plus importantes, mais il en est d’autres  en matière de  collèges, de politiques environnementales qui semblent plus loin de vos préoccupations que dans les mandats précédents, de soutien aux territoires ou au développement culturel.

Oui, il y a bien un ensemble de politiques qui différencie notre projet présenté en 2015 de votre plan de mandature.

Je ne reviendrai pas sur le contexte économique et social de cette année 2018 qui s’assombrit à bien des égards. La croissance ralentit, le déficit extérieur se creuse, et surtout le chômage ne baisse plus.

Plus grave encore c’est en France que la création d’emplois sur les 2 premiers trimestres de 2018 a été l’une des plus faibles avec une chute vertigineuse puisque ces créations sont 5 fois moins importantes sur le 2ème semestre 2018 que sur le second semestre 2017.

Convenons que s’il y a un effet Macron ce n’est certainement pas dans le domaine économique.

Sur le cadre réglementaire si je puis dire et notamment sur les différends qui persistent entre le gouvernement et les départements, là aussi la déception est au rendez-vous.

Quelques avancées bien sûr au printemps avaient été obtenues par l’A.D.F, je pense au 250 millions actés pour les A.I.S là où l’A.D.F en demandait 600.

L’augmentation du taux des D.M.T.O aurait pu être une voie de compromis mais le fait qu’une large majorité de départements ne signe pas le contrat financier avec l’Etat a fait que le gouvernement a retiré ses propositions.

Pouvait-il en être autrement lorsque l’on est en présence du gouvernement le plus centralisateur depuis près de 40 ans ?

Je parlais de pauvreté à l’instant, que faut-il retenir du plan PAUVRETE présenté le 13 septembre dernier.

Faut-il d’ailleurs parler de plan pauvreté ou d’un pauvre plan, tellement les ambitions sont peu élevées et surtout les moyens consacrés absolument pas à la hauteur des enjeux (2 milliards par an c’est-à-dire moins que le plan du précédent quinquennat).

De plus, il est loin de compenser toutes les mesures prises depuis 18 mois comme la non-revalorisation des retraites, le gel des prestations familiales, ou la baisse des A.P.L).

La communication a été très habile mais le fond est décevant.

En effet, ramené aux personnes vivant sous le seuil de pauvreté et potentiellement bénéficiaires, c’est moins de 20 euros par mois contre près de 1 100 euros par mois pour les plus riches soit 55 fois plus.

Le plan RICHESSE avait lui été doté de 25 milliards (un pognon de dingue en quelque sorte, avec la réforme de l’I.S.F pour 16 milliards ou l’abandon de la flat tax pour 9 milliards).

Imaginez ce que l’on pourrait faire avec cette somme….

La pauvreté n’est pas une fatalité et une récente étude du Centre d’Observation de la Société fondé par le Compas a démontré qu’elle avait reculé entre 2012 et 2016.

Face à l’absence réelle de volonté de s’attaquer aux causes fondamentales de la pauvreté, une quinzaine de départements innovent et veulent proposer d’expérimenter le revenu de base.

Je me tiens à votre disposition si vous souhaitez que l’on puisse faire une présentation de l’état d’avancement de ce dossier.

La conception gouvernementale n’a rien à voir, faut-il le souligner, avec ce revenu de base puisqu’il n’est pas universel et qu’il vise simplement à regrouper certains minima sociaux.

J’ai beaucoup insisté, Monsieur le Président et cher(e)s collègues sur cette question de la pauvreté donc des inégalités de plus en plus insupportables dans notre pays.

Parce que aux côtés de l’Etat, nous avons des responsabilités particulières, nous ne pouvons-nous satisfaire de la situation actuelle qui sur le plan humain ne doit peut pas perdurer et reste un facteur de division et probablement un jour de révoltes.

Il ne s’agit pas d’avoir ou pas le monopole du cœur. Les inégalités et les discriminations de toutes sortes sont un facteur de ralentissement de la croissance économique.

Donc il y va, au-delà de conditions de vie des 9 millions de français qui vivent sous le seuil de pauvreté, de l’intérêt supérieur de notre nation.

Bien sûr nous ne pouvons pas tout à notre échelle mais à l’instar des questions environnementales, si l’on doit penser global, nous devons agir local.   Je vous remercie.

 

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