Session du 19 décembre 2019 – Discours de Gilles DETERVILLE

Monsieur le Président, Cher(e)s collègues

Notre dernière session de l’année intervient dans un climat social extrêmement tendu pour ne pas dire particulièrement dégradé.

Il est la conséquence bien sûr du Projet de Réforme gouvernemental sur les retraites qui fait l’unanimité syndicale contre lui mais bien au-delà.

Je parle de ce projet parce qu’il concerne aussi les fonctionnaires territoriaux, or on conçoit mal que certaines professions présentes dans l’organigramme d’un Conseil Départemental, (je pense aux agents des routes ou aux travailleurs sociaux pas exemple), puissent devoir travailler jusqu’à 64 ans.

Durant l’année qui s’achève, les déchirures dans le tissu de la solidarité nationale n’auront pas manqué (le dernier en date étant la scandaleuse révision des conditions d’indemnisation du chômage qui ne sera pas sans conséquences sur le nombre d’allocataires du R S A).

Certains ont cru que la crise dite des Gilets jaunes était passée et qu’elle était un épiphénomène.

Ils se trompaient lourdement et des statistiques nationales sont venues démontrer que les manifestants de l’an passée avaient raison : les inégalités sociales se creusent dangereusement dans notre pays et le taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a fortement monté depuis 2 ans.

Pendant ce temps des fortunes colossales s’accumulent sans justification, les actionnaires du C A C 40 ne se sont jamais si bien portés.

La théorie du ruissellement était donc bien une légende et non une théorie économique fondée.

Mais venons-en à l’examen de votre DOB 2020 qui intervient dans un contexte financier plus favorable aux départements que les années précédentes.

Mes collègues Corinne Féret et Edith Heuzé interviendront sur ce point principal de notre ordre du jour.

Bertrand Havard interviendra, pour sa part, sur un autre dossier lourd, celui de la tarification des établissements recevant des personnes âgées dépendantes.

2020 verra aussi l’établissement du nouveau Schéma Départemental de l’Enfance.

Nous espérons qu’il tracera des perspectives positives face au drame que constitue trop souvent la situation d’enfants suivis par l’A S E et réglera les cas des enfants non suivis.

Une toute récente mobilisation des professionnels de ce secteur a mis en exergue le cas de 120 enfants qui ne seraient donc pas pris en compte ou du  moins dans des conditions non-satisfaisantes.

Vous avez répondu qu’ils seraient moins nombreux.

Au-delà de cette querelle de chiffres, il y a bien des faits : des enfants restent sans protection dans notre département et dorment parfois à la rue.

Une autre préoccupation qui durait et nous inquiétait était celle du SDIS.

Je vous avais déjà interpellé lors de notre session de Septembre et le moins que l’on puisse dire est que les choses n’avaient pas évolué depuis….sinon en pire.

Le dernier Congrès national des sapeurs-pompiers de France a été marqué par l’expression d’attentes fortes concernant l’organisation du secours d’urgence, la mise en place d’un numéro unique de réception des appels, la dynamisation du volontariat et la lutte contre les agressions des sapeurs-pompiers.

Depuis le 14 mars 2019, les organisations syndicales de sapeurs-pompiers professionnels expriment fortement leurs revendications.

Celles-ci portent à la fois sur des mesures pour la sécurité des sapeurs-pompiers (mesures contre les agressions et devant l’exposition aux risques professionnels : fumées toxiques, temps de travail, etc.), des mesures statutaires (inquiétude vis-à-vis de la réforme de la Fonction publique, pérennité de la CNRACL avec maintien de leur statut au sein de la catégorie active, embauches massives de SPP, etc.) ou pécuniaire avec une revalorisation de la prime de feu à hauteur des policiers et gendarmes soit + 28 %.

Une journée de forte mobilisation a été très suivie à Paris le 15 octobre.

Depuis des mois des négociations portant sur la question des retraites, le secours d’urgence aux personnes et la revalorisation de la prime de feu sont ouvertes au plan national.

L’augmentation de cette indemnité est estimée à 13 millions d’euros, on peut donc estimer qu’elle représente  130 000 euros pour le Calvados.

A ces préoccupations nationales, s’ajoute ici dans notre département un climat social délétère qui a conduit certains professionnels à des actions extrêmes.

Leur patience a été mise à bout. Tout récemment un accord aurait été trouvé entre la Présidence du SDIS et les sapeurs-pompiers.

Nous ne pouvons que nous en réjouir, en espérant qu’il est de nature à permettre un travail plus serein au sein de cet établissement public.

Notre institution doit se concentrer sur ses politiques fondamentales ; les deux que je viens brièvement d’évoquer (l’aide à l’enfance et la protection des populations) en relèvent incontestablement.

Répondons à l’attente souvent justifiée de nos concitoyens.

 

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