Session budgétaire fév. 2017- Intervention de Bertrand HAVARD sur la culture

Monsieur le Président, Cher(e)s Collègues,

Pour ce rapport, vous me permettrez de revenir sur votre présentation de l’objectif stratégique qui dit vouloir favoriser l’accès aux pratiques culturelles et aux richesses patrimoniales.

J’avais dit lors du DOB ma surprise de ne rien voir de votre refonte de la politique culturelle annoncée pourtant. J’espérais qu’au moins lors de nos débats sur le budget de cette année, nous aurions à nous mettre sous la dent ce qui allait remplacer celle que mettait en œuvre l’ODACC dont la convention a été annulée au mois de novembre dernier.

Dans cette présentation, et dans les pages qui suivent, nous n’avons aucune précision. Vous reprenez mot pour mot les termes de la présentation faite lors du DOB.

Nous n’avons donc toujours pas le contenu de ces contrats de développements culturels et les rapports qui suivent sont présentés à l’identique des rapports de l’an dernier. Tout est comme si il ne s’était rien passé !

La refonte attendra finalement l’année prochaine… Vous nouvelle politique culturelle prend des airs d’Alésienne.

Je ne referai pas la liste complète des questions restées sans réponse lors de mon intervention du 18 novembre. Lors de ces débats, vous ne m’avez d’ailleurs pas permis, M. le Président de répondre aux mises en cause dont j’ai été l’objet par 9 des conseillers départementaux de votre majorité. J’y répondrai donc rapidement aujourd’hui.

A Paul Chandelier qui avait vivement réagi de façon pathétique, je veux juste lui dire que je n’ai pas attendu cette année ni même le début de mon premier mandat départemental pour suivre avec intérêt les saisons de l’ODACC. Il a dit être ravi de me voir découvrir la culture rurale. Il se trompe lourdement. Par contre, ton propos Paul ne m’a pas rassuré sur mes craintes de voir les saisons professionnelles remplacées par des spectacles amateurs quand tu as dit qu’il n’y avait pas besoin d’aller à Avignon pour chercher des spectacles et qu’il fallait faire appel à la culture locale. Soit tu fais référence aux compagnies professionnelles régionales et dans ce cas, nous pouvons être d’accord, soit tu parles des associations d’amateurs qui jouent un rôle indispensable sur nos territoires, qui permettent la pratique en amateur que je défends avec énergie – et qui ne figure d’ailleurs nulle part dans vos projets. Il serait bien que tu nous précises un peu ta pensée.

Claude Leteurtre n’a pas été meilleur. Tu m’as trouvé mal inspiré et critiqué comme faisant partie d’une caste prônant l’élitisme culturel. Franchement, il fallait que tu sois peu en forme pour tenir de tels propos quand on sait que tu es toi-même proche de personnes très investies dans le monde culturel. Tu nous as toi-même fait ce matin un beau numéro d’acteur voire de clown…

Je ne défends aucunement l’élitisme, je le combats là où je suis mais je défends l’exigence artistique surtout quand les spectacles sont destinés à un public peu averti. Je n’ai pas besoin de m’étendre plus sur la différence entre l’exigence et l’élitisme.

Je passe enfin rapidement sur le procès en misogynie ou contre les jeunes élues ou encore sur les réactions violentes de certains qui ont volontairement déformé mon interrogation sur l’organigramme en procès d’incompétence. Ils reliront mes propos qui disaient que je ne préjugeais pas des compétences des personnes. Mais il est tellement plus simple de s’attaquer à la forme qu’au fond.

Mes interrogations de novembre ne trouvent aucune réponse aujourd’hui 3 mois après.

De votre contrat de développement culturel il est question à 2 ou 3 reprises mais on ne sait toujours pas quels sont les objectifs opérationnels précis, les montants d’aide, les critères, les taux de participation.

Très peu sur les pratiques en amateur ???

Aucune ligne budgétaire n’est dédiée à cette nouvelle politique culturelle des contrats culturels de territoire.

Cela confirme ce que je disais dès l’année dernière : vous avez décidé de casser l’outil ODACC sans avoir anticipé suffisamment ce qui pourrait le remplacer. Et on sait tous combien il est facile de sabrer une dynamique, d’anéantir un travail de trente années en quelques décisions qui ne prennent que quelques minutes alors qu’il faudra beaucoup de temps pour reconstruire un projet dans chaque territoire.

Je terminerai ce chapitre pour vous dire aussi combien j’ai trouvé choquante la manière peu élégante avec laquelle vous avez accompagné le départ en retraite du Directeur des affaires culturelles du Département également Directeur de l’ODACC. Il était prévu d’organiser une manifestation au sein de l’ODACC comme il a toujours été fait pour les autres départs.

Au-delà de l’économie réalisée par l’ODACC, alors que la décision avait été votée à l’unanimité, la décision a été prise par la seule Présidente, je pense que vous avez manqué là une occasion de donner à vivre aux bénévoles, aux administrateurs, au personnel de l’ODACC, un temps fort de conclusion de cet office qui aurait aussi pu être la liaison vers l’avenir que vous programmez.

Vous avez fait preuve d’une grande indélicatesse, voire de mépris et une erreur diplomatique pour donner confiance aux acteurs culturels dont vous ne saurez vous passer pour construire votre future politique culturelle.

Rapport C21. Préserver, étudier et valoriser le patrimoine

Concernant les archives dont tout le monde reconnait le travail important, il apparait que l’important travail de tri-élimination parvient à juguler l’accroissement annuel du volume des archives. Il était question à une époque de construire une deuxième tour d’archivage. Il n’en est visiblement plus question aujourd’hui. Pouvons-nous connaitre cependant le taux de remplissage de nos archives actuellement ? Deuxième question concernant les 20k€ de recettes dont vous voudrez bien nous préciser à quoi elles correspondent ?

Pour ce qui est du service archéologie, il semble que vous souhaitez rentabiliser au mieux ce service en consacrant une part plus importante à l’archéologie préventive au détriment de celles programmées dans le département. Il apparait que les moyens accordés au pôle pédagogique sont revus à la baisse. Pouvez-vous le confirmer ou l’infirmer SVP ?

Concernant le patrimoine, bien que vous indiquiez dans le rapport que l’importance de cette action a été soulignée lors de l’examen de la politique culturelle et qu’elle est maintenue en dehors de contrats de territoire, les crédits de paiement ont baissé de près de 400 k€ par rapport à l’année 2016.

Nous nous abstiendrons donc sur ce rapport.

 

Rapport C 22. Promouvoir la lecture publique et la vie littéraire

Concernant la lecture publique et la vie littéraire, je souhaite d’abord revenir sur le tableau des indicateurs de la page 238. Si effectivement l’évolution du nombre de bibliothèques du réseau est moins rapide que précédemment, ce nombre ne cesse de diminuer au fur et à mesure. Il reste 110 bibliothèques dans le réseau départemental, il y en avait 154 en 2009. Je reste intéressé par la carte de répartition de ces bibliothèques et si je comprends bien la nécessité de professionnaliser et d’impliquer les collectivités, je reste perplexe quant à l’égal accès des Calvadosiens aux livres, à la presse et aux médias qu’offrent les médiathèques d’aujourd’hui, même de taille modeste. Assurément les contrats de développement culturels auront, quand ils seront définis leur rôle à jouer dans cette politique. Le taux de bibliothèques ayant une personne formée depuis au moins 5 ans augmente de 2 points mais uniquement par le fait que 3 bibliothèques ont disparu du réseau et une a fait son apparition. Pouvez-vous nous préciser les trois dont le partenariat avec le département a cessé ?

Pour ce qui est de l’accès aux ressources numériques, la progression du nombre d’usagers inscrits est intéressante et votre proposition d’élargir à tout le réseau l’adhésion à la boite numérique est une bonne initiative. Il serait intéressant, comme je l’ai demandé en commission que nous puissions avoir un bilan qualitatif des usages de la boite numérique. De même dans le rapport, ne figure pas le coût (70k€ l’année dernière) de cette action. Quant à la recette, bien que l’adhésion soit plus faible mais l’assiette soit plus large vous ne prévoyez que 30k€ de recettes. Pourrais-je avoir quelques précisions SVP ?

Pour ces raisons, nous nous abstiendrons sur ce rapport.

 

Rapport C23. Favoriser la création et la diffusion artistique

J’ai dit tout à l’heure ce que je pensais des imprécisions sur votre refonte de la politique culturelle. Je suis d’accord avec Virginie Le Dressay, aujourd’hui, maintenir le budget de la culture est un véritable effort. La divergence est dans ce que l’on en fait !

Dans ce rapport, l’aide à la création artistique reste inchangée par rapport à l’année dernière ou presque et le montant prévu est identique.

 L’évolution majeure concerne l’aide à la diffusion de spectacles puisque celle-ci s’inscrira désormais dans les contrats de territoire.

Si j’ai bien compris ce qui a été dit, à la fois lors de l’AGE de l’ODACC et lors de la réunion de la commission, la saison actuelle de l’ODACC ira à son terme et il en sera prévu une autre pour 2017-2018. Ensuite les collectivités auront à mettre en place leur propre programmation.

J’ai donc posé la question de savoir comment nous aiderions les CDC à se structurer pour être à même de construire une saison lors de la commission du 24 janvier. Il m’a été répondu que pour le service culturel départemental, l’année 2017 serait consacrée aux diagnostics des territoires qui serviraient de base aux futurs contrats. Ce qui veut dire en clair qu’aucune aide spécifique au fonctionnement ne sera apportée aux territoires qui souhaiteraient professionnaliser leur territoire dès cette année.

Mais pouvez-vous m’expliquer comment, alors que très peu d’entre elles ont commencé à se saisir de cette compétence et qu’aucune à ma connaissance ne dispose d’un service culturel ou même d’une personne chargée de cette question, comment donc pourraient-elles construire une programmation 2018-2019 alors qu’il faut 18 mois au moins pour bâtir une saison de qualité et anticiper les achats de spectacles ? C’est impossible et montre l’inadéquation de votre décision.

Je vous demandais lors du DOB de ne pas mettre fin à une saison professionnelle organisée par le service culturel départemental. Je vous le demande à nouveau aujourd’hui.

Vous nous parlez souvent de la cohérence de votre G6 normand. Vous savez probablement mieux que moi que nos voisins de l’Orne et de la Manche programment des saisons culturelles. Pourquoi le Calvados ne continuerait-il pas avec son service culturel à le faire ? Les permanents ont l’expérience et l’expertise. Ils nous le prouvent.  Les chiffres de fréquentation sont éloquents : une augmentation de + de 32% du nombre de spectateurs entre 2015 et 2016. Et si nous n’avons pas les chiffres de la saison en cours, nous savons qu’ils dépasseront ceux de l’année dernière et pas uniquement parce que tel ou  tel élu départemental aura appelé sa famille pour remplir les gradins.

Les spectacles sont de grande qualité, le travail des bénévoles dans les territoires porte ses fruits. Il y a un besoin partout de la présence du spectacle vivant.

Continuer à proposer une saison culturelle garantirait une programmation de qualité, à un coût plus juste au global pour le territoire car on sait bien qu’un spectacle programmé 6-7 fois à différents endroits a un coût de cession moindre que 6 ou 7 spectacles achetés individuellement.

La fin des saisons départementales signifiera un accès au spectacle vivant très inégalitaire sur notre territoire, je parlerais de déserts culturels. Cela aura aussi comme conséquence certainement une baisse d’activité pour certaines des compagnies régionales qui souffriront plus encore, une démobilisation des équipes de bénévoles qui témoignent de leur désarroi aujourd’hui, tout comme certains élus qui s’inquiètent de la disparition des saisons.

 « Le théâtre est une nourriture aussi indispensable à la vie que le pain et le vin… Le théâtre est donc, au premier chef, un service public. », disait Jean Vilar.

Je fais mienne cette déclaration et, persuadé de votre attachement aux services publics, je veux croire à la possibilité d’infléchir votre décision.

Dans l’état, nous voterons contre ce rapport.

C24 – Favoriser l’enseignement artistique et l’offre éducative culturelle

Dans ce rapport que nous adopterons, je veux saluer l’effort fait pour financer l’appel à projets artistiques des collèges. Je reste persuadé que notre rôle est assurément d’inciter à la construction de ce type de projets dans nos collèges. Je pense sincèrement que nous devrions encourager encore plus les jumelages entre les établissements scolaires et les structures culturelles. Cette année encore le collège Guy LIARD a bénéficié d’un jumelage aidé par la DRAC qui a permis aux élèves de troisième C de rencontrer au cours de trois résidences la compagnie caennaise « le Ballon vert », de travailler à partir d’entretiens inspirés des travaux de Marguerite DURAS, puis de portraits à la production future d’un texte qui sera mis en scène par la compagnie. Tous les élèves se sont investis dans le projet et ont, d’après leur professeur de français fait des progrès phénoménaux en quelques mois. Les parents et tous les élèves sont enfin venus, pour certains pour la première fois, au théâtre de la Renaissance pour assister au spectacle de la compagnie.

Je pense que cette réflexion pourrait être un des axes de la future politique culturelle du département. Car, vous n’en êtes pas persuadés mais je veux être un élu d’opposition constructif.

Concernant l’action collège au cinéma, juste une question indépendamment de la baisse constatée. Vous indiquez dans le rapport que le département prend en charge les frais de déplacement des élèves. Le transfert de compétence des transports à la Région ne va-t-il pas modifier cette prise en charge ?

Pour le reste nous approuvons les orientations prises.

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