Intervention d’Eric VEVE sur le restaurant inter-administratif lors de la session du 24 novembre

Monsieur le Président, mes Cher(e)s Collègues,

Il semblerait que vous ayez décidé de mettre en vente les locaux qui abritent, en plein centre-ville de Caen, et depuis 1974, le restaurant inter administratif ainsi que la crèche départementale réservée aux enfants des fonctionnaires. Vous me répondrez certainement qu’il ne s’agit là que d’une option, laquelle sera discutée lors du débat d’orientation budgétaire. Mais il se trouve que l’information de la vente a été apportée le 17 octobre 2014 au Président de l’association de restauration (AGESSO) par le Secrétaire général de la Préfecture aux affaires régionales en personne.

Si cette décision devait se confirmer, elle nous paraitrait aberrante pour 4 raisons.

  1. D’abord, sur la forme et la manière de procéder. Vous admettrez avec moi qu’il est parfaitement anormal et choquant que le Président de l’AGESSO l’apprenne non pas de votre bouche, mais par l’un des représentants de l’Etat alors même que le Conseil général est propriétaire des locaux ! Ce n’est pas la première fois que nous observons une telle absence de dialogue avec les personnes intéressées par vos mesures, ce que nous dénonçons de la manière la plus vigoureuse possible.
  1. Ensuite, on a du mal à comprendre où est la bonne gestion patrimoniale dans tout cela. En effet, dois-je rappeler que le Conseil général a renouvelé le bail de l’AGESSO pour 9 ans… le 28 mai 2013 ? Faut-il que votre pilotage du patrimoine départemental soit autant à courte vue pour qu’en l’espace d’un an seulement, vous décidiez tour à tour de renouveler ce bail, puis que vous décidiez ou envisagiez de vendre ces locaux ?

De même, il est complètement utopique d’imaginer que le Conseil général pourrait vendre ces locaux à un prix important – si j’ai bien compris, vous en escompteriez 3 millions d’euros- alors même que le bâtiment est occupé. J’ajouterais que le loyer est de 80 000 euros par an, ce qui rend impossible un retour sur bénéfice sur la durée restant à courir du bail, c’est-à-dire 8 ans.

A moins que vous envisagiez de faire affaire avec un promoteur immobilier qui achèterait ce bâtiment et le ferait raser pour y réaliser une opération juteuse. Mais cela est impossible, là encore, au regard du contrat de bail que vous avez conclu avec l’AGESSO : celui-ci ne peut être rompu que d’un commun accord avec l’AGESSO et dans certaines hypothèses très délimitées.

  1. De même, d’un strict point de vue financier, vous semblez considérer que d’importants travaux doivent être réalisés dans les bâtiments, pour une somme de 1,4 millions d’euros. Des études ont été faites par l’AGESSO démontrant qu’il n’y a pas de problème de toiture, contrairement à ce que vous pensez. Je vous informe que l’AGESSO a décidé de recruter un bureau d’études pour connaître avec précision la réalité des travaux à entreprendre.

On ne saurait être trop prudents avec vous quand on se souvient qu’à deux pas du bâtiment du restaurant administratif, vous considériez, il y a peu de temps encore, qu’il était nécessaire d’investir plus de 8 millions d’euros pour pouvoir réhabiliter le collège Lemière, ce que plusieurs architectes et une économistes de la construction avaient réfuté.

Toujours d’un point de vue financier, je rappellerai que sauf erreur de notre part, le Conseil général n’a pas à verser de subventions d’équilibre à l’AGESSO, compte tenu de la bonne gestion financière de l’association.

  1. Enfin, et c’est le plus important, sur le plan social, 760 repas y sont servis chaque jour. Le prix d’un repas est de 5 euros, seulement, pour un repas complet. Je vous le demande, dans quel restaurant peut-on s’offrir un tel repas pour ce prix-là ?

Dès lors, de deux choses l’une, si le restaurant devait être amené à fermer : soit les agents devront se contenter d’un sandwich, soit ils se rendront dans un restaurant pour trouver une qualité de repas équivalente, auquel cas ils devront payer au minimum 12 à 13 euros chaque midi, soit une dépense supplémentaire d’au minimum 150 euros par mois.

  1. Pour terminer, nous tenons à faire une proposition. Dans la mesure où le restaurant est fréquenté par des fonctionnaires du Conseil général, de l’Etat et de la ville de Caen, mais aussi par des agents privés de plusieurs sociétés situées en centre-ville, nous recommandons de créer un groupement d’intérêt public avec les différentes entités concernées, pour la gestion du bâtiment.

Cette solution du GIP, qui permet d’associer plusieurs partenaires publics et privés, aurait au moins un mérite : celui de mutualiser les coûts d’entretien avec la Ville de Caen, l’Etat et des sociétés privés dont les agents bénéficient du restaurant.

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