Intervention d’Eric VEVE sur la déviation de Canapville lors de la session du 19 janvier

Monsieur le Président, mes cher(e)s collègues,
Depuis très longtemps déjà, notre groupe conteste vigoureusement le projet de déviation de Canapville.
Madame la Ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie vous a fait part, par son courrier du 20 décembre 2014, de son refus de faire droit à votre demande de dérogation ministérielle. Elle demande également au Préfet de refuser la dérogation qui relève de sa compétence.
Vous semblez surpris par le contenu de ce courrier de la Ministre. Et vous le critiquez en objectant qu’il faut aussi penser aux hommes et au développement économique. Moi, je me félicite du courrier de Madame Royal pour des raisons aussi bien environnementales que de priorité budgétaire.
Sur le plan environnemental, on sait depuis longtemps que ce projet de route, s’il avait abouti, aurait conduit à détruire ou altérer l’habitat de très nombreuses espèces animales protégées.
Il n’est pas besoin de vous rappeler que la Commission nationale pour la protection de la nature avait émis un avis défavorable sur votre projet. Il n’est pas nécessaire, non plus, de vous remémorer ce que disait la DREAL, à savoir que les marais de la Touques sont « un site naturel d’une grande richesse » et que la localisation du tracé entrainerait « une perte de richesse spécifique [du point de vue de la biodiversité] sur cette zone ». Je ne reviens pas non plus sur les critiques formulées sur le plan hydraulique…
On ne peut pas, d’un côté, se prévaloir des valeurs environnementales pour montrer au grand public que l’on sait « penser global » et, de l’autre côté, quand il s’agit, concrètement, d’« agir local », mettre ces valeurs sur la touche au nom de la primauté de la logique économique.
Disons-nous une chose, pour reprendre la citation de Saint Exupéry : « nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants » ! Aussi bien, quand notre environnement est en cause, quand il peut être menacé, c’est le principe de responsabilité qui doit l’emporter !
Ensuite, sur le plan budgétaire, j’avoue ne pas comprendre votre logique ! Depuis que vous présidez le Conseil général, vous ne cessez d’affirmer, à chaque session, que nous avons changé de paradigme budgétaire, qu’il faut être rigoureux dans la gestion des deniers publics.
Soyons clairs, nous n’avons naturellement rien contre les populations de Deauville, de Canapville et de Bonneville sur Touques. Nous n’avons rien, non plus, contre les personnes qui viennent passer des vacances à Deauville ; c’est très bien pour l’économie locale.
Mais nous affirmons que la priorité du département ne peut pas être de construire une route nouvelle, surtout dans le contexte budgétaire actuel !
Regardons les choses comme elles sont ! Vous demandez au Conseil général de faire des économies, ce qui a pour effet d’impacter toute une série de domaines : certains pans des politiques de solidarité, les autorisations de programme pour les collèges, la baisse des crédits pour les programmes de développement des territoires mais aussi d’aide à la compétitivité des entreprises, autant de points sur lesquels nous reviendrons au cours de la session.
Et dans le même temps, vous décidez d’engager le projet de déviation de Canapville pour 36,5 millions d’euros, mesures compensatoires incluses, sachant que ce projet a même été réévalué à 50 millions d’euros dans le budget 2013 ( !).
C’est totalement aberrant du point de vue financier et de ce que devraient être les priorités budgétaires de notre département.
En tout cas, ce projet démontre qu’il existe une vraie différence entre nous.
Nous, nous disons que s’il faut faire des choix dans un contexte budgétaire contraint, il faut purement et simplement reporter tout projet de déviation de Canapville – y compris sur un autre tracé sur lequel vous serez peut être tenté de revenir, c’est-à-dire au plus près de la voie ferrée,.
C’est l’un des moyens de préserver le plus possible les budgets consacrés à la solidarité, à l’emploi et aux collèges, qui sont nos priorités pour le Calvados !

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