Intervention d’Edith GUILLOT sur le compte administratif 2014 à la session du 19 juin 2015

Monsieur le Président,

Le groupe des élus socialistes en cohérence avec le vote défavorable émis au moment du BP 2014 n’approuvera pas le compte administratif qui finalement en est le reflet.

A la lecture du rapport financier, nous constatons que votre présentation alarmiste se trouve corrigée par un résultat de l’exercice positif : le déficit de 22 479 243,43 euros de la section investissement étant largement couvert par l’excédent de fonctionnement.

Par ailleurs, l’excédent global de 15.9 millions d’euros nous permet d’appréhender avec lucidité les choix à opérer pour l’avenir. Ce résultat présenté en «  trompe l’œil » ne doit pas être sous-estimé, j’en veux pour preuve les réalisations autant en investissement qu’en fonctionnement à hauteur de 95% des prévisions, 97% pour le fonctionnement et 87 % pour l’investissement, ce qui est loin d’être négligeable ! Notons que les recettes de fonctionnement repartent à la hausse avec 660 millions en 2014 contre 636.8 millions en 2013 et que les recettes d’investissement restent stables. L’heure n’est pas évidemment à l’euphorie mais ne donnez pas dans le catastrophisme, la situation ne le mérite pas !

Je ne nie pas que les baisses des dotations de l’état constituent un véritable souci pour les collectivités locales dans l’exercice de leur budget, des corrections doivent être apportées afin de relancer l’investissement, les collectivités ont un rôle important à jouer dans la relance de l’économie, je l’affirme en responsabilité.

Une question se pose concernant les 10 millions de provisions pour pallier à une hausse éventuelle des allocations de solidarité, le niveau n’est-il pas surélevé ?

De même concernant les 1.5 million dans le cadre du contentieux de Port Guillaume, pouvez-vous nous apporter des précisions sur ce dossier que je découvre avec d’autres nouveaux élus. Avons-nous un résultat concernant le recours déposé en décembre dernier ?

Les élus que nous sommes n’ignorent pas les effets de la crise qui ne concernent pas uniquement la France mais l’ensemble du monde autour d’un axe nord/sud entre les plus riches et les plus démunis. Les responsables politiques, tous bords confondus, sont confrontés aux problèmes de société et se retrouvent souvent perplexes face aux remèdes à apporter. Soyons persuadés que les solutions viendront de la rigueur dans la gestion de cette crise et nos collectivités ne peuvent s’exonérer de ce travail, rigueur et maitrise du fonctionnement des budgets en recherchant les économies par la mutualisation, la réorganisation, en limitant certaines dépenses qui peuvent être réduites sans gêner le bon fonctionnement du service public. Nous pouvons nous féliciter de l’efficacité et de la compétence des services du Conseil Départemental qui sont les acteurs du résultat positif d’aujourd’hui.

Dans cette période difficile où les budgets sont contraints, il convient de recentrer nos efforts dans les domaines qui sont au cœur de l’action départementale, et c’est là que nous avons des points de divergence qui doivent s’exprimer pour enrichir le débat et faire vivre la démocratie.

Je veux parler de l’action sociale et plus particulièrement de la politique menée en direction des personnes âgées et des mesures concernant le GIR 4. La dépense de 93.5 Millions d’euros en fonctionnement enregistre une baisse de 4.7 % due à une maitrise des plans d’aide à domicile. L’exercice 2014 montre une baisse du nombre de bénéficiaires APA à domicile par rapport à 2013 soit – 245, baisse qui doit s’analyser au plus près de la réalité de terrain. En effet, il est faux de prétendre que nos aînés ont le choix entre le mode prestataire et le mode mandataire alors que les dossiers sont systématiquement dirigés en mode mandataire.

Quid de la politique de prévention des chutes ? Quand on explique aux personnes le nouveau mode de fonctionnement, ils prennent peur et se désistent, cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas besoin d’aide ! Nous sommes ainsi en passe de perdre des dossiers et il est à craindre que dans les années à venir les associations et les CCAS des communes se trouvent en difficulté et les hôpitaux en surcharge avec des placements inévitables qui auraient pu être évités par la prise en charge à domicile, où seront alors les économies ? L’augmentation du placement en institution médicalisée ruinera les résultats d’aujourd’hui, je note que le nombre de bénéficiaires APA en établissement est stabilisé à 5633 depuis 2013.

Alors il faut en discuter, comme cela a été le cas pour les personnes en situation de handicap, le travail de concertation a été plutôt payant, on ne doit pas se priver de l’échange nécessaire sur des questions aussi importantes qui dépassent les clivages politiques, le bien-être et la sécurité de nos personnes âgées en dépendent.

Dans un registre différent mais qui concerne la sécurité des populations, nous ne pouvons soutenir votre décision de réaliser des économies en baissant les effectifs des pompiers professionnels. Cette baisse liée à l’élargissement des périmètres d’intervention, conséquence directe de la fermeture prévue de la caserne Canada ne va pas dans le sens de la qualité du service public et de la sécurité des habitants.

D’autres collègues avaient pointé des sujets de désaccord dans le BP 2014 comme les aides aux communes en fonction du potentiel fiscal ou du statut des territoires, la politique du logement social, les collèges……Ils auront certainement l’occasion d’y revenir.

Pour toutes ces raisons, l’opposition que nous représentons n’approuvera pas le CA 2014 comme je vous le précisai en début de mon intervention ainsi que le Budget supplémentaire.

Je vous remercie.

Archives
Abonnez-vous!

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation!