Intervention de Thierry LEGOUIX sur le RSA

Monsieur le président,

Le RSA, dispositif qualifié d’innovant, a remplacé le RMI. Mais les associations qui travaillent dans ce domaine nous le disent souvent, au moins pour celles que j’ai pu croiser : la perte du I de RMI a entraîné la perte de sens du mot insertion dans le RSA.

Bien sûr, la mise en place d’un binôme Pole Emploi/Référent social est un élément important pour l’amélioration du diagnostic. L’idée sous-jacente de ce binôme est d’éviter une dichotomie trop marquée entre le tout emploi et le tout social

C’est une approche théorique essentielle que de ne pas établir des profils trop caricaturaux des bénéficiaires du RSA où d’un côté on serait proche de l’emploi et de l’autre très éloigné.

On ne peut que se féliciter de l’augmentation des actions de promotion sociale : 37 actions contre 18 en 2011. Quand on croise dans ces actions tous les « cassés de la vie », quand on mesure le chemin qu’ils ont à parcourir pour le retour vers l’emploi, on sait que nous sommes malheureusement condamnés à améliorer encore et encore notre action dans ce domaine, et parfois/souvent pouvoir prolonger le temps de présence dans ces dispositifs.

Nous sommes plus dubitatifs, je dois vous le dire, sur la réorganisation du financement pour les  bénéficiaires du RSA inscrits dans des chantiers d’insertion.

Le Conseil Général a voulu « repositionner » cet outil en faveur de ceux pour lesquels une insertion professionnelle est envisageable à moyen terme, nous dites vous.

Cette réorganisation n’est pas anecdotique car elle remet en cause notre participation au financement de nombreux chantiers (une dizaine je crois)

Nous comprenons bien la nécessité de proposer un plafond de financement d’une place dans un chantier. Cela nous apparaît logique.

Mais c’est à notre sens une erreur stratégique car on ne peut opposer complètement action de promotion sociale à chantier d’insertion. La réalité n’est pas celle-là dans les publics, ou ne devrait pas l’être.

Nous souhaitons avoir une vue plus précise de la répartition géographiques des actions, tant celles dites de promotion sociale que des chantiers d’insertions car nous savons bien qu’aux difficultés de ces publics s’ajoute celle de la mobilité.

Je l’ai déjà dit, et je le redis, les objectifs assignés aux chantiers d’insertion portent en germe une sélection abusive des publics à l’entrée… Et je regrette que nous perdurions dans ce principe.

Et je voudrais être sûr que notre ambition de réorganisation ne remette en cause l’existence même de quelques chantiers, même si je ne suis pas totalement naïf sur la question et si je sais bien que le projet de quelques uns d’entre eux doit être fortement questionné.

Je voudrais aussi m’étonner de la formulation de l’alinéa sur l’insertion des gens du voyage. Et c’est là simplement une question de compréhension : s’agit-il de définir un RSA spécifique pour les voyageurs non volontaires ?

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