Intervention de Thierry LEGOUIX sur la solidarité entre les habitants du Calvados

Monsieur le Président,

Vous rappelez dans votre préambule de l’Enjeu « assurer la solidarité entre les habitants » la situation sociale que nous connaissons tous :

–         un chômage structurel en augmentation.

–         Un nombre de personnes âgées dont le nombre a augmenté de 36 % ces 10 dernières années.

Il faudrait bien sûr ajouter une paupérisation croissante et une augmentation constante des difficultés supportées par nos concitoyens ces deux dernières années.

Fort de ces constats, sur lesquels nous ne pouvons malheureusement pas vous détromper pour cette année, vous nous annoncez une augmentation de la dépense sociale brute du département par habitants et un budget global des affaires sociales en augmentation de 1.5 %. Dans le cadre des budgets contraints de toutes les collectivités, nous vous donnons acte de cette augmentation.

Le budget A1 « améliorer le bien être des personnes âgées » passe de 116 à 118 millions, le A2 « promouvoir la citoyenneté des personnes handicapées passe de 78 à 83 M et le A3 « lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté » passe de 90 à 94 M.

Dont acte disais-je… mais la question essentielle, centrale, est de savoir si l’augmentation des budgets est en concordance avec l’augmentation des besoins.

Tout d’abord, je voudrais souligner le travail des services et la qualité de celui-ci. Les associations qui interviennent sur le champ social notent l’amélioration des relations et louent la bonne volonté et l’ouverture de Mr Pouliquen et de ces différents directeurs. Permettez-moi, d’en faire état, car je redonne là l’avis des représentants de notre groupe à la commission.

Hubert Courseaux, l’an dernier, dans ce même cadre, avait défini son intention de travailler dans la transparence et sur l’évaluation des politiques. Etre soucieux de la bonne gestion de l’argent public est une posture que nous partageons. L’élaboration d’une liste d’indicateurs sur chaque objectif stratégique ou opérationnel devait nous en offrir la possibilité.

Je ne peux du coup que déplorer, tant en termes de transparence que d’évaluation, qu’aucun chiffre ne nous ait été donné sur 2012 et qu’on ne nous donne rien à voir sur les tendances 2012/2013 quand ce sont celles-ci qui nous intéressent. Et ce n’est pas, vous m’en excuserez, le fascicule sur les politiques de solidarité et d’aide sociale qui nous a été remis cette semaine, qui nous redonne de la lisibilité. Une bonne part des graphes qui montrent des courbes exponentielles ne sont pour la plupart que des graphes cumulatifs d’un mois à l’autre.

Bref nous n’avons pour l’instant qu’un regard à N-1 quand nous devons nous inquiéter de ce que sera 2013 !!

Mais je ne doute pas de l’intention collective d’avancer encore sur cette question.

Un certain nombre d’actions qui visent à améliorer notre efficacité et notre regard sur les difficultés sont en train de se mettre en place.

Je pense par exemple à la mise en place du guichet unique pour les personnes âgées, à la réorganisation des CLIC pour une plus grande efficacité, à la mise en place d’une demande unique pour les places en maisons de retraite, au guichet unique d’accueil et d’orientation pour les personnes handicapées. Nous voulons vous donner acte de ces éléments en espérant qu’ils concoureront à la transparence que mon ami Hubert Courseaux appelle de ses vœux mais qui, il faut bien le dire, n’est pas encore au rendez-vous.

Il n’y a derrière ces propos aucun procès d’intention mais bien une interrogation constante, et partagée j’en suis, de savoir si l’action du Conseil Général est à la hauteur de la situation.

Je voudrais quand même, pour terminer mon propos, évoquer la question du PRIAC.

J’ai lu avec intérêt le vœu déposé par Hubert Courseaux, vœu que nous discuterons, j’imagine en fin de session.

Nous l’avions évoqué en commission mais je veux le dire sincèrement à Hubert, les informations que nous avons obtenues depuis ne corroborent pas totalement les propos qui nous ont été tenus au cours de ces réunions, essentiellement sur le plan d’aide à l’investissement.

Je voudrais donc nous engager à manier avec plus de délicatesse dans la lecture des rapports, je pense notamment à celui sur l’hébergement des personnes âgées, l’argumentation basée sur ce qui tiendrait du désengagement de l’Etat sur tous les investissements à venir.

Nous serons partie prenante pour solliciter l’Etat pour qu’il accompagne nos projets (500 places en EPHAD, 200 places en ESAT). Mais nous ne suivrons pas dans une surenchère qui se rapprocherait du procès d’intention.

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