Intervention de Thierry LEGOUIX lors de la session du 21 novembre sur l’accueil des mineurs isolés étrangers

Monsieur le Président,

J’ai lu avec intérêt cette semaine votre prise de position sur un sujet qui ne sera pas débattu aujourd’hui mais dont il a déjà été question : l’accueil des mineurs isolés étrangers.

Je suis le seul dans cette assemblée à connaitre individuellement les personnes dont il est question lorsque l’on parle de mineurs isolés.

Je rencontre chacun des mineurs isolés :
– je connais le contexte
– je connais les publics
– je connais les situations.

Je ne ferai pas de misérabilisme, ce n’est jamais mon approche mais la fréquentation de tous ces jeunes qui arrivent directement du Sierra Leone, d’Afganistan et de bien d’autres pays où leur situation est dramatique, m’amène et m’autorise quelques réflexions.

D’abord je veux saluer publiquement le travail et l’action des services du Conseil général, et notamment le travail du SAMIE qui reçoit déjà 75 de ces jeunes.

Ils le font quotidiennement, avec un prix de journée qui est l’un des plus faibles dans tous les dispositifs, voire même le plus faible.

Ensuite, je veux vous dire que l’Etat prend sa charge dans cet accueil, et vous me permettrez de citer l’Education nationale qui met en place des accueils spécifiques dans toutes les académies. C’est ma charge sur l’académie de Caen.

75 jeunes c’est déjà beaucoup. Mais vous me permettrez de considérer, compte tenu de l’ampleur des difficultés, que notre académie est l’une des plus faibles en termes d’accueil et que le système d’équilibre proposé par la circulaire Taubira ne me semble pas scandaleux.

Je suis sur une approche modérée de cette situation.

Je sais que l’effort est important, notamment dans une période où les budgets sont contraints.

Mais je regrette sincèrement l’utilisation politique/politicienne que vous faites de ce dossier ! Vous prenez la même position que nombre de départements, à l’instar de la posture de l’Ille et Vilaine qui a lancé la fronde et dont on a parfaitement compris l’ambition.

J’aurais préféré que l’on pose la question où elle devait l’être préalablement, c’est-à-dire en commission de l’Action Sociale.

Vous répondez dans les médias à une question qui n’a pas encore été débattue comme il est souhaitable pour une collectivité comme la nôtre, sauf avis contraire ! Ou alors cette question a été traitée dans un autre cadre. Mais j’imagine qu’Hubert Courseaux me détrompera.

Nous ne cautionnons pas, en l’état actuel d’un débat où vous seul vous êtes exprimé, une décision qui nous place en dehors de la loi, clairement dans l’illégalité.

C’est un vrai sujet humain qui ne le mérite pas, qui mérite mieux.

Archives
Abonnez-vous!

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation!