Intervention de Jacky LEHUGEUR sur le budget lors de la session du 17 février

Monsieur le Président,
Cher(e)s collègues,

Permettez-moi au nom du groupe socialiste et radical de faire quelques remarques après la présentation du budget qui vient de nous en être faite.
Ces remarques visent dans un premier temps à mettre en lumière quelques incohérences dans le document qui nous est remis, et d’autre part à vous alerter sur quelques points qui nous semblent pour le moins inquiétants si le budget devait être adopté en l’état.

Concernant les incohérences :
– vous l’avez annoncé, la contribution du Département à l’équilibre du budget de l’Etat, est estimée à 4,7 M€, cela représente un prélèvement de 0,35% sur les DMTO (Droits de Mutation à Titre Onéreux) mais on se demande sur quelle base ? Page 7 vous inscrivez 67 M. d’euros et page suivante, page 8 vous écrivez 69 M.
– sur le montant lui-même, page 3 figure 4,7 M. d’euros et page 16 il est écrit qu’il convient de prévoir 5,5 M. d’euros.
– Enfin page 21 vous proposez de réduire à 1M. d’euros l’aide aux collectivités pour aménager leur traversée de bourg, million partagé par moitié entre les subventions et les travaux réalisés en direct par le CG, si je compte bien la moitié de 1 million cela fait 500 000 euros pour chaque part mais dans le tableau page 42, on trouve inscrit subventions traverses d’agglomérations 600 000 euros et traverses d’agglomérations 400 000 euros.

Avouez que si votre discours ne correspond pas aux inscriptions budgétaires cela pose problème et l’on peut avoir un peu de mal à s’y retrouver.

Concernant les points inquiétants et pour lesquels notre groupe ne peut qu’être en désaccord, il s’agit de :

– la limitation de l’aide aux collectivités pour les traverses d’agglomération à 1 M. d’euros alors que parallèlement vous inscrivez 3 M. pour les voies vertes en nouvelle AP
– les 13,5 M. d’économies sur 4 ans concernant la modernisation de notre réseau routier qui n’est pas partout, loin s’en faut, en parfait état
– les 6 M. d’économies sur le développement d’un réseau routier de qualité soit 22% en moins
– la suspension pure et simple de l’aide du Département au SDEC Energie. C’est 1,8 M. d’euros de travaux dont ne vont pas bénéficier les entreprises locales
– l’augmentation de la rubrique «encourager une mobilité alternative » qui en investissement augmente de 51% et donc passe brutalement de 6 à 9 M. d’euros. L’achat de nouveaux bus ne pouvait-il pas être lissé dans le temps ?

– la diminution drastique de 1 M. d’euros en fonctionnement et 7 M. en investissement pour la politique « développer les territoires et la compétitivité des entreprises » dans laquelle on retrouve une APCR bien malmenée alors que parallèlement le budget communication augmente de 10% pour dépasser les 2 millions d’euros.

A l’inverse on note des augmentations importantes en investissement pour :
– « D2 – renforcer la notoriété et le rayonnement du Département » avec une somme qui atteint 3,8 M. (+19%)
– « D3 – dynamiser l’agriculture et les activités maritimes » qui atteint 12 M. (+58%) dont les deux tiers au bénéfice du portuaire.

Faut-il comprendre que dans ce budget, la ruralité est sacrifiée au bénéfice des activités portuaires ?
L’usager des ports de plaisance s’acquitte-t-il du coût qu’il devrait payer ou ce coût est-il supporté par tous les contribuables ?

De même lorsqu’on compare les pages 28 et 35, page 28 ce sont les dépenses de fonctionnement par objectifs stratégiques, page 35 ce sont les mêmes objectifs auxquels on a ajouté les « coûts supports » c’est-à-dire les coûts liés à la gestion financière, aux ressources humaines, aux moyens du service concerné, etc.
On peut être surpris, en tout cas s’interroger, lorsque l’on constate que pour certains objectifs, les « coûts supports » sont plus importants que les sommes dépensées sur ces objectifs.
2 exemples :
– C2 Favoriser l’accès aux pratiques culturelles et aux richesses patrimoniales : dépenses de fonctionnement 5,6 M. qui passent à 11,6 M avec les « coûts supports »
– D1 Développer les territoires et la compétitivité des entreprises : 3,7 M. qui deviennent 7,9 M avec les coûts supports, c’est-à-dire plus du double.

Autant d’éléments, mes chers collègues, qui nous poussent à demander une fois de plus une évaluation objective des politiques publiques menées par ce Département.

La situation est difficile, certes, nous devons réaliser des économies, certes, mais doit-on les placer à l’aveugle ou s’appuyer sur un bilan.
Doit-on favoriser quelques chapelles ou travailler au bénéfice du plus grand nombre avec pour objectif de réussir un développement harmonieux du territoire ?
C’est tout le sens de notre questionnement.

Archives
Abonnez-vous!

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation!