Intervention de Clotilde VALTER, Présidente du groupe socialiste et radical lors de la session du 18 avril 2014

Monsieur le Président,

Nous avons compris depuis longtemps que vous étiez en campagne et le principal objet de vos interventions liminaire concerne toujours et avant tout la politique nationale.

Pour vous répondre brièvement, je dirai que le Premier Ministre a montré qu’il avait le courage de réformer. Et vous vous êtes toujours contre. Vous étiez contre la réforme territoriale de 2010 du Gouvernement de François FILLON. Vous êtes aujourd’hui contre celle de la majorité de gauche. C’est simple vous ne voulez jamais rien changer. Vous n’êtes jamais engagé par une quelconque responsabilité, vous ne vous reconnaissez dans aucune majorité présidentielle. C’est confortable pour vous : vous êtes toujours contre. Le pire, c’est que ce plaidoyer « pro domo » vous prive de toute capacité à vous projeter dans l’avenir. Nous l’avons vu lorsque Le Havre a proposé au Pays d’Auge son projet de pôle métropolitain. Vous n’avez pas de prime abord vu à quel point le Conseil général était concerné. Nous avons du, à plusieurs reprises, revenir à la charge pour vous mobiliser sur ce sujet. Vous n’aviez pas de vraie alternative à proposer. Vous n’avez pas réussi à peser. Vous n’aviez pas de contre proposition solide. C’est pourquoi aujourd’hui, au lieu de vous opposer, ouvrez la réflexion pour construire !

Mais nous avons été élus pour nous occuper des sujets qui préoccupent nos concitoyens et j’en viens à l’ordre du jour de cette session. Vous nous avez convoqués aujourd’hui à une session extraordinaire de notre Assemblée départementale pour un ordre du jour pour le moins incroyable : la fermeture d’un collège à CAEN.

Notre débat aurait du avoir lieu avant. Nous l’avons d’ailleurs eu mais vous avez pour des raisons qui vous appartiennent décidé qu’il aurait lieu aujourd’hui.

Nous l’aurons dans quelques minutes et je ne vais pas entrer à ce stade dans le fond du dossier mais je voudrais insister dès à présent sur deux points :

1- cette décision semble s’inscrire dans une évolution, ou plutôt une rupture de la politique conduite par le Conseil général à l’égard de l’éducation et plus particulièrement des collèges, depuis quelques années ;

C’était une priorité de notre action, priorité pour nos jeunes, priorité pour nos territoires. C’était de fait un sujet de consensus entre nous. Il s’agissait de l’intérêt général de nos jeunes, de l’intérêt général de notre territoire.

Ce n’est plus le cas. Depuis quelques années, la commission des affaires générales nous alerte régulièrement sur les choix opérés.

On voit bien, on sent bien qu’il n’y a pas de cadre d’ensemble, pas de projet éducatif pour notre département et donc pas de logique, pas de critère pour nous guider dans les choix qu’il est de notre responsabilité de faire.

2- la décision qu’il nous est demandé de prendre aujourd’hui franchit une étape de plus, puisque nous sommes confrontés à un problème de méthode et nous insistons sur ce point depuis des mois ;

Oui il y a une évolution différentielle de la démographie scolaire dans notre département ;
Oui nous devrions engager une réflexion globale sur l’implantation de nos collèges sur le territoire du département.

Or, ce n’est pas ce qui est fait ; nous assistons à une série de décisions ponctuelles, prises les unes après les autres, avec des établissements qui sont ciblés puis fermés dans des conditions extrêmement difficiles pour les élèves, les familles et la communauté éducative ; alors après Jacquard, après Lemière, à qui le tour ? On ne sait pas où l’on va et surtout quelle sera la prochaine cible.

Ce n’est pas sérieux. Et c’est même très grave car l’absence de cadre, l’absence de logique d’ensemble va conduire à prendre des décisions, une à une, sans savoir où nous allons. Et surtout à faire des bêtises au détriment des élèves et de notre territoire. Vous parliez tout à l’heure d’improvisation et d’incohérence, nous y sommes !

Et tout ceci dans un contexte d’ensemble où la situation de notre département, de notre région est préoccupante par rapport à cet enjeu de la jeunesse. Car nous savons bien que depuis des années, nos jeunes quittent notre territoire pour aller trouver ailleurs une formation et des emplois. Notre démographie s’en ressent. Notre économie aussi !

Et que faisons-nous ?

Rien qui s’inscrive dans une réponse cohérente pour répondre à cette situation. Rien qui manifeste une volonté, une détermination de notre part à réagir pour renverser la situation.

Il est de notre devoir d’agir, de prendre nos responsabilités. En ce qui nous concerne dans le cadre qui est celui de nos compétences.

Où sont nos filières et nos collèges d’excellence ?
Comment et où sont-ils implantés sur notre territoire ?
Voilà les questions auxquelles nous devons répondre.

Monsieur le Président, Chers collègues,

avant de nous engager dans ce débat, je vous demande solennellement de placer notre débat, non pas dans une logique politicienne

mais dans le cadre qui doit être le notre, c’est à dire :

– celui de l’intérêt général de nos élèves car il nous appartient de tout faire pour leur permettre de réussir ; nous sommes ici pour cela et pour cela seulement ; c’est notre responsabilité ;

– celui de l’intérêt général de notre territoire qui exige non pas une approche de concurrence mais qui exige de notre part une logique globale d’ensemble ce qui signifie construire un réseau d’établissements complémentaires les uns des autres avec des structures d’excellence au service de tous.

Voila, mes chers collègues notre responsabilité et je compte sur vous pour vous prononcer en ce sens.

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