Intervention de Clotilde Valter lors de la session du lundi 13 janvier

Monsieur le Président, Chers collègues,

Monsieur le Président, je m’adresse à vous plus directement que d’habitude parce que vous êtes ici, au Conseil général, le chef de l’exécutif et parce que vous êtes aussi parlementaire, Sénateur et que ces mandats et fonctions vous donnent une responsabilité particulière.

Le culte de la personnalité n’est pas notre culture et je n’ai donc pas consulté toutes vos interventions dans cet hémicycle afin de pouvoir comparer vos propos:
– ceux du Premier vice-président du conseil général et Sénateur de la majorité,
– ceux du Président du Conseil général et Sénateur de la majorité,
– ceux du Président du Conseil général et Sénateur d’opposition.

Ce serait, je le crois, édifiant.

Je ne vous rappellerai pas, Monsieur le Président, vos voeux de 2013, appelant à un langage de vérité et à des décisions courageuses.

Je l’ai fait l’année dernière à de nombreuses reprises et ce fut malheureusement sans effet et nous ne pouvons que le regretter. En plus nous ne pouvons que constater que vous ne les avez pas repris cette année et que vous avez cette fois opté pour un texte appelant à « fêter l’année du Calvados ».

Nous changeons donc de registre dont acte ! Avec de tels souhaits, vous êtes sûrs de ne pas vous les entendre rappeler tous les jours !!

Alors, Monsieur le Président, que pouvons nous retenir de vos acrobaties politique incessantes ?

– que vous avez renoncé dans vos vœux à appeler à la vérité et au courage et que nous n’imaginions pas que cet acte soit depourvu de sens,
– que, membre de la majorité présidentielle, vous nous expliquiez que vous n’étiez pas membre du parti majoritaire et que vous n’aviez voté ni la réforme territoriale, ni celle de la fiscalité locale,
– que soutien du candidat droite à l’élection présidentielle, vous ne partagiez pas ses positions sur les finances locales,
– et qu’aujourd’hui, parlementaire d’opposition, non seulement la politique menée n’est pas la bonne mais en plus elle fait de vous une victime (presque la seule à vous entendre) tandis que nos voisins de l’Orne n’auraient pas à se plaindre… Cher collègues sortons, nos mouchoirs !

Quand Monsieur le Président allez vous devenir cohérent ?
Quand allez-vous cesser de tournicoter comme ZEBULON au milieu de la piste ?
Quand on est élu, on est responsable ;
Quand on est chef d’un exécutif, on est responsable ;
Quand on est parlementaire, on est responsable ;

Et quand on fait des choix politiques, on les assume.

Vous ne pourrez pas tenir cette ligne bien longtemps, responsable de rien : contre la droite quand elle gouverne, contre la gauche quand elle gouverne bien entendu mais surtout et c’est l’ironie de votre histoire, pas drôle, ou du moins pas sérieuse du tout, vous demandez à la gauche au pouvoir de faire ce que vous vouliez que la droite, la majorité à laquelle vous apparteniez, fasse et n’a pas fait. Avouez que de votre point de vue c’est assez bizarre.

Mes chers collègues je pense qu’il va nous falloir nous cotiser pour offrir une boussole au Président

Que dire donc, Monsieur le Président, des orientations budgétaires que vous nous proposez :

1- D’abord que vous vous moquez du monde :

– vous dites dans le rapport que vous n’êtes pas en situation d’aller plus loin et, de fait, le rapport compte 11 pages contre 56 l’année dernière ;
– pour autant nous sommes le 13 janvier, notre session budgétaire est dans un mois, les autres années, il y a deux mois de décalage et le DOB colle au budget ;
– pourquoi en sommes nous-là ? Les services de cette maison sont sérieux et je n’imagine pas qu’ils ne sachent pas vers quoi vous voulez nous emmener, mais ce ne serait pas cohérent avec le raisonnement que vous tenez, alors vous biaisez !
– plus qu’un rapport d’orientations budgétaires, le document que vous nous présentez est une triste complainte, tel que le Calimero que je decrivais il y a quelques semaines, qui ne répond en rien à l’exercice qui devrait être le notre : sur la base d’une situation budgétaire donnée, faire des choix entre des scenarii, des options ; il n’en est rien.
– enfin comment expliquez vous que nombre de départements aient déjà voté leur budget ? Pourquoi serions-nous dans une situation differente ?

2- Vous continuez d’imputer à l’actuelle majorité ce qui relève de votre responsabilité, puisque issu de la gestion précédente.

– la réforme de la taxe professionnelle votée en 2010,
– la perte par les collectivités locales de leur autonomie fiscale,
– le refus de compenser les charges des départements s’agissant des allocations de solidarité ; nous nous souvenons tous de votre ironie à notre égard en 2011 !

3- vous semblez nier la situation des finances publiques et vous vous comportez comme si elle n’existait pas

– vous avez, en 2007, soutenu un candidat qui mettait au centre de son programme le redressement des finances publiques, l’avez vous oublié ?
– nous vous rappelons que le candidat à l’élection présidentielle que vous avez soutenu en 2012 (pas le même) convoquait les exécutifs des collectivités locales pour les appeler à faire des économies, pointant du doigt une gestion, je cite, « laxiste » ;
– nous vous rappelons qu’il considérait que c’était 10 Mds€ qu’il fallait prélever sur les finances locales ! Heureusement pour le Calvados qu’il ait été battu !

4- vous semblez ignorer que votre gestion du département pourrait être plus rigoureuse :

– à deux reprises la chambre régionale des comptes a mis en cause votre gestion, s’agissant à la fois de l’accueil des jeunes enfants et de Calvados Stratégie ; quelle suite avez vous donnée ?
– lors du l’examen du budget 2013 nous vous avions interrogé sur l’opportunité d’engager à ce moment 15 M€, devenus aujourd’hui 17 M€ pour la mise aux normes de l’hôtel du département et 700 000€ pour la cuisine de la maison du département, par exemple.

5- Et surtout, on ne voit pas quelle logique vous avez mise en place pour assurer une gestion beaucoup mieux maîtrisée dans la durée,

– depuis 2004 nous réclamons, pour notre information, une présentation du budget du département qui permette d’identifier ce qui relève des dépenses obligatoires de celles qui ne le sont pas ; rien depuis : nous prêchons dans le désert !
– depuis au moins aussi longtemps, nous parlons d’évaluation de nos politiques publiques ; si nous avons progressé, les suites sont maigres à ce stade et rien, en l’état, ne permet de percer la boite noire que constituent nos dépenses sociales ; et c’est maintenant que cela manque : quand il nous faut trouver des économies, il faudrait pouvoir identifier ce qui dans tout ce que nous faisons n’est pas efficace….au lieu de cela vous prenez des décisions plus que discutables dont les effets n’ont semble-t-il pas non plus été évalués (GIR IV) ;
– nous nous interrogeons depuis le début, vous le savez sur les choix que vous avez faits concernant le très haut débit et là encore il faudrait au regard des moyens publics engagés (69 M€) que nous puissions mesurer au fur et à mesure l’avancement de ce déploiement et les résultats obtenus.

Alors, Monsieur le Président, vous comprendrez que nous vous demandions aujourd’hui de changer de posture, pour devenir vraiment le Président du Conseil général au langage de vérité et qui prend des décisions courageuses que vous devriez être, pour examiner ensemble ce qui devrait être l’objet de ce débat d’orientations budgétaires, à savoir débattre ensemble des choix, des options qui s’offrent à nous dans la situation qui nous est imposée et que même Sainte Thérèse ne pourrait régler à votre place même si vous consentiez à venir à Lisieux et dans le Pays d’Auge plus souvent !

Archives
Abonnez-vous!

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation!