Intervention de Bertrand HAVARD sur les collèges lors de la session du 17 février

M.le Président, mes Cher(e)s Collègues,

Je souhaite intervenir sur ce dossier qui concerne les collèges, compétence essentielle pour notre collectivité.
Nous avons étudié avec beaucoup d’attention ce dossier en commission AG et tous les élus ont alors exprimé leur inquiétude sur la pérennité de l’action du département pour cet objectif.
En effet, nous pouvons constater que c’est la première année que nous voyons le montant des AP d’investissement que vous inscrivez pour ce budget inférieures aux AP en recette, cad les dotations de décentralisation de l’Etat !
Cela veut dire que si nous pouvons envisager, au regard des crédits de paiement prévus de répondre a minima à nos engagement et encore, la question de l’avenir de cette politique et le respect des engagements pris largement compromis.
Déjà pour 2014, vous nous proposez de décaler 4 projets avec le report des travaux prévus sur les collèges de Lisieux-Gambier, Pasteur à Caen, Saint-Pierre sur Dives et Creuly dont le montant des travaux avoisine au total les 23 M€. J’ai bien compris qu’il s’agissait là de lisser les crédits de paiement sur les exercices suivants. Mais cela pose question sur les budgets à venir, d’autant que dans la liste des projet, il a été clairement dit que le financement du collège de Mondeville n’était, à ce jour pas bouclé, alors même que tout le monde sait que ce collège est le dernier établissement à structure métalliques du département, que l’annonce de sa reconstruction date d’une dizaine d’année et qu’un nouvel engagement a été pris récemment à l’occasion de la libération du terrain de l’ECMMSSA.
Si j’entends bien que le budget global de notre collectivité est difficile à boucler et que nous avons changé de paradigme comme vous vous plaisez souvent à le redire M. le P., il est évident que nous avons à faire des choix et, pour ma part, je pense qu’il est indispensable de prioriser cet axe dont le titre seul « Offrir aux jeunes et aux familles les conditions de la réussite » suffit à en rappeler l’importance.
Quelle plus grande priorité que d’offrir à nos collégiens les conditions indispensables à leur réussite. Quand on rapproche par exemple le coût de construction d’un collège à celui de la réalisation de 2 km d’une 2 x 2 voies, le montant est quasi équivalent et il me semble plus acceptable de reporter des travaux routiers pour quelques temps plutôt que de renoncer à la construction d’un collège (et j’aurais pu trouver d’autres illustrations dans d’autres domaines de compétence)

Enfin, je souhaite revenir rapidement sur un sujet d’actualité, celui de la fermeture du collège Lemière. Je m’étais déjà exprimé l’année dernière sur cette épineuse question.
J’avais alors dit qu’il n’était pas dans mon intention aujourd’hui d’argumenter sur le maintien ou la fermeture de ce collège ; je ne doute pas que d’autres aborderont la question aujourd’hui.
Mais j’avais dit l’année dernière l’inadéquation de votre décision unilatérale. Vous voulez fermer Lemière cette année et redéployer les effectifs de ce collège sur les collèges Pagnol, Villey-Demeserets et Brunet.
Parallèlement vous engagez des travaux pour rénover le collège Pagnol à hauteur de 6.5 M d’€. Cette décision serait louable s’il elle n’était pas entachée de stratégie politicienne et si elle s’inscrivait dans une temporalité compatible avec la fermeture de Lemière.
En effet, Lemière doit fermer en septembre prochain alors même que la restructuration de Pagnol n’en est qu’à l’étape du concours de maîtrise d’œuvre, ce qui laisse à croire que les travaux ne démarreront pas avant 2015.
De toute évidence votre proposition ne tient pas la route et est vouée à l’échec. Les enfants de Louvigny n’iront pas au collège Pagnol et ce collège ne sera pas sauvé.
Les seuls bénéficiaires de ces décisions seront sûrement les collèges privés qui seront heureux d’assurer leurs effectifs.

Je pense sincèrement qu’aucun d’entre nous dans cette assemblée ne conteste la nécessité d’adapter l’offre scolaire à la démographie et donc personne ne peut dire qu’il est impensable de fermer un collège. Notre divergence ne situe pas là. Notre désaccord concerne la méthode. Nous pensons que les décisions qui concernent cette politique centrale du conseil général doivent s’appuyer avant tout sur un objectif prioritaire : la réussite éducative des jeunes calvadosiens. Ce n’est visiblement pas votre choix et nous le dénonçons.

Pour ce qui est de notre participation au développement des enseignements supérieurs, nous sommes en parfait accord avec vous pour participer à ces opérations cofinancées.

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