Intervention de Bertrand Havard sur la BDP

M. le Président, CC.

Je souhaite intervenir au sujet de la BDP dont il est question dans ce rapport.

Très impliqué sur cette question tant sur ma commune que dans l’agglomération de Caen la mer, j’ai toujours apprécié l’appui de qualité des intervenants de la BDP lors des réunions.

Je souscris totalement aux trois objectifs définis dans le rapport qui visent à soutenir le développement et la diversification de l’offre, renforcer le rayonnement culturel des bibliothèques, accompagner et professionnaliser les bibliothèques.

Concernant ce dernier objectif, je note que la mise en place des conventions depuis 2010 a conduit d’une part à une meilleure offre sur les territoires qui ont conventionné avec le CG mais aussi à une baisse du nombre de bibliothèques du réseau. On peut penser que l’obligation d’informatisation des bibliothèques, qui était prévue dans les conventions de 2010 s’accompagnera d’une nouvelle diminution du nombre de bibliothèques du réseau.

Si l’on comprend bien que le conseil général ne peut être le seul à soutenir la lecture publique dans tout le département et qu’il faut un minimum d’investissement et d’engagement pour les communes, on peut regretter la disparition de petites bibliothèques dans les petites communes rurales dont les moyens financiers ne permettent pas toujours de répondre aux contraintes même minimes des conventions. On le sait bien, la meilleure pratique pédagogique est celle de la répétition et certains élus des territoires ont besoin d’entendre ce qu’est réellement une bibliothèque pour être convaincu des moyens à mettre en œuvre pour la faire fonctionner.

Ces lieux, s’ils ne répondent pas à tous les critères, sont souvent le seul endroit d’une commune où sont accessibles, pour les enfants des écoles par exemple, des livres de qualité prêtés par le département. Il serait intéressant d’avoir quelques précisions sur les conditions d’accueil des bibliothèques qui sont sorties du réseau et sur celles qui ne pourront répondre à l’obligation de s’informatiser. On m’a assuré qu’il serait répondu à cette question aujourd’hui.

J’en viens à l’objectif de développement de l’offre de ressources des bibliothèques.

Dans le rapport, il est question des expérimentations qui sont menées autour des jeux vidéo ou de l’offre de ressources numériques. Je reconnais le bienfondé de telles expérimentations mais j’avoue être surpris par la façon dont elles se mettent en place qui est assez symptomatique d’un mode de fonctionnement qui ne me convient pas et je ne pense pas être le seul à le déplorer.

Je me suis exprimé sur cette question au cours de la réunion de commission AG et j’y reviens aujourd’hui.

L’offre de la boîte numérique s’est mise en place sans que la commission AG ne soit investie dans la réflexion. Je ne parle pas de la commission consultative de la BDP dont le rapport dit qu’elle sera réunie en mai-juin prochain car cela fait bien longtemps qu’elle ne s’est réunie et n’a donc pas été non plus consultée sur ces expérimentations. Mais est-ce bien la volonté de cette maison de consulter les élus ?

Nous ne savons pas aujourd’hui comment ont été sélectionnées les 9 bibliothèques qui expérimentent la boite numérique.

Nous ne savons pas non plus comment cette expérimentation est financée et quel est son coût.

Si l’expérimentation est satisfaisante, les contraintes budgétaires permettront-elles d’étendre le dispositif à toutes les bibliothèques du réseau qui sont conventionnées au niveau 1 ?

Pour avoir utilisé ce dispositif personnellement, j’ai pu apprécier l’offre numérique qu’il met à disposition même si le Kiosk n’est pas encore opérationnel. Mais j’aurais vraiment souhaité que nous soyons plus associés à ces évolutions. Nous pourrions ainsi mieux les porter à connaissance et les valoriser.

D’autres services ont évolué de la même manière.

La suppression des bibliobus dont on nous dit qu’elle était nécessaire. N’aurions-nous pas dû en être informés ?

Enfin, et je fais cette remarque sur le plan purement fonctionnel, n’est-il pas surprenant d’apprendre, au détour de la création d’un nouveau rond-point – fut-il numérique – que le poste de direction de la BDP n’est plus pourvu qu’à mi-temps ?

Au moment où, comme il est si bien dit dans le rapport, « le contenu des pratiques culturelles se transforme et la pratique de la lecture s’érode », alors que les évolutions liées au numérique nécessite un soutien plus grand de la BDP dans les territoires ruraux, est-il pensable que la direction d’une équipe de 22 agents ne nécessite qu’un temps partiel ?

Personnellement j’en doute, même si je connais les grandes capacités de la personne qui assure actuellement cette fonction. A moins de croire à la présentation qui en est faite sur le blog du rond-point numérique qui la compare à la déesse hindoue Lakshmi, pourvue de 4 bras qui lui permettent d’accomplir de multiples taches simultanément.

J’ai demandé en commission et je réitère ma demande aujourd’hui que nous soyons investi réellement et en amont dans la réflexion à mener pour définir les grandes orientations des services de la BDP.

Mon intervention n’exprime rien d’autre que la volonté de contribuer activement à la démarche nécessaire d’adaptation et d’évolution de la politique de lecture publique, compétence obligatoire du département.

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