Discours liminaire de Gilles DETERVILLE

Monsieur le Président, cher(e)s collègues,

Après ces moments de recueillement et d’émotion partagée, (au total ce sont bien hélas 4 calvadosiens qui ont perdus la vie) il nous faut reprendre nos travaux même s’ils peuvent apparaître dérisoires par rapport à l’actualité dramatique que traverse notre pays.

De cette tragédie absolue, il y a quand même trois points positifs qu’il faut mettre en exergue :

  • l’hommage planétaire à notre pays preuve s’il en était encore besoin que la France reste une référence mondiale n’en déplaisent aux déclinistes.
  • l’exemplarité dans la réaction et le professionnalisme sans faille du service public, c’est une réponse forte à ceux qui cherchent à remettre en cause ce modèle français.
  • l’unité nationale quasi parfaite autour du Président de la République et du gouvernement et les rares qui ont cherché à s’en exonérer, ont été sévèrement jugés.

Avant que nous entamions l’ordre du jour, permettez-moi au nom de notre groupe, quelques réflexions après le temps du deuil et des analyses plus ou moins définitives de tels ou tels experts en matière de sécurité, d’indiquer quel est notre état d’esprit et comment concrètement même si c’est modestement, nous pourrions contribuer à conforter cette belle valeur de FRATERNITE que les barbares du ce funeste vendredi 13 ont voulu détruire.

En effet si les deux autres valeurs de notre devise républicaine sont et à juste titre mis en avant LIBERTE et EGALITE et même si sur ces notions nous pouvons en démocratie avoir des appréciations différentes, elles sont au cœur de notre pacte républicain et l’immense majorité de nos concitoyens les respectent et cherchent à les faire vivre au quotidien.

Par contre, la 3ème valeur de notre devise la FRATERNITE est trop souvent mise à mal ou à tout le moins passe en arrière plan de nos préoccupations.

La crise économique et sociale persistante n’explique pas tout dans les dérives extrémistes de certains enfants perdus de la République.

Notre pays, même si cela ne nous est pas apparu tout de suite et de façon évidente, a laissé s’étioler cette superbe valeur de FRATERNITE.

Alors face à ce constat, qui je le crois est partagé, comment pouvons-nous agir dans la mise en œuvre de nos politiques publiques pour faire vivre ou revivre cette FRATERNITE ?

J’ai bien conscience et disant cela que je nous pose un défi mais si nous n’avons pas collectivement cette volonté, je pense que nous aurons failli, en tout cas en partie, à notre mission.

Permettez-moi de donner deux exemples concrets de pistes que nous pourrions davantage explorer.

Après les attentats de Janvier, le gouvernement a lancé la possibilité pour chacun de s’engager dans la réserve citoyenne. Je l’ai fait personnellement et d’autres parmi nous certainement. C’est un moyen qui peut paraître modeste mais qui me semble-t-il est une des voies à suivre.

Mais il est une autre mesure qui a été fortement développée ces derniers mois, c’est celle du service civique et je peux témoigner car j’y ai dirigé certains jeunes de mon canton que c’est là une formule qui concourt très utilement à cultiver la FRATERNITE.

Hélas, dans notre département les objectifs quantitatifs (alors que les financements sont en place) ne sont pas atteints.

Nous pouvons agir dans ce domaine et dans le cadre de nos missions notamment liées à la SOLIDARITE il y a des gisements à explorer (j’avais ici même il y a peu de temps cité la mise en œuvre du dispositif MONA LISA).

Une autre façon de servir la FRATERNITE et ceci me permet de faire une transition avec notre ordre du jour c’est de mettre en place rapidement notre schéma départemental d’accessibilité des services au public, comme nous y invite la loi NOTRe.

D’autres départements sont plus avancés que nous sur ce sujet même si je sais que les points INFO 14 labellisés désormais MAISONS DE SERVICES AU PUBLIC sont une contribution très utile à ce schéma.

Puisque j’évoque la loi NOTRe, nous allons devoir nous prononcer aujourd’hui sur le schéma départemental de coopération intercommunale.

Nous avons eu il y a quelque semaines, un débat un peu vif mais je crois utile sur ce dossier si capital pour notre future organisation territoriale et donc pour le Conseil départemental lui-même par ricochet.

Depuis la présentation faite par le Préfet le 12 octobre, les choses ont évolué vite et plutôt dans le bon sens.

Nous nous réjouissons que nous allions, conformément à la loi mais souvent même au-delà de la loi, vers un nombre d’intercommunalités limité.

Je ne veux pas développer ici puisque nous aurons le débat plus tard.

Assurément l’un des chantiers les plus importants à mettre en œuvre en 2016 est bien la redéfinition de notre politique de soutien aux territoires ; la montée en puissance des communes nouvelles notamment, ce dont je me réjouis fortement, nous oblige à une refonte totale de cette politique.

Loi NOTRe, la mise en place de la Région NORMANDIE dans quelques semaines, le transfert de certaines de nos compétences à cette collectivité avant le 1er Janvier 2017 et la recherche en lien avec le gouvernement des voies et moyens d’un nouvel équilibre de nos finances départementales fortement impactées depuis plusieurs années par la crise économique et sociale mais aussi par le vieillissement de notre société, voilà notre feuille de route pour 2016.

Nous allons vivre durablement, et ce quelque soit le choix des français lors du rendez-vous démocratique du printemps 2017, dans un environnement où la sobriété budgétaire sera la règle. Dire le contraire c’est tromper nos concitoyens.

Au cœur de ce nouvel équilibre budgétaire figure le financement pérenne des trois A.I.S (allocations individuelles de solidarité). S’agissant de l’une d’entre elles à savoir le R.S.A, c’est bien vers la renationalisation de ce financement qu’il faut aller.

C’est le sens de la résolution de la fin du dernier Congrès de l’ADF et c’était aussi le sens du communiqué émis par les Présidents des départements gérés par la gauche avant l’ouverture de ce Congrès.

Il est évident que nous adhérons pleinement à cette solution même si nous savons qu’eu égard aux possibilités budgétaires de l’Etat c’est un objectif difficile à atteindre.

Voilà Monsieur le Président, cher(e) s collègues en quelques mots, ce que je souhaitais vous dire au commencement de notre nouvelle session publique.

Je laisse à mes collègues, au fil de nos débats, le soin d’évoquer un sujet d’actualité, je pense à la fermeture du collège de CABOURG annoncée par le maire de cette commune ce qui est pour le moins étonnant.

Nous souhaitons évidemment connaître votre position, Monsieur le Président sur cette fermeture annoncée alors que ni la commission ad-hoc de notre assemblée ni le Conseil départemental dans son ensemble n’a débattu de cette question.

Ceci me permet au-delà du cas de Cabourg et au moment où 17 départements ont accepté d’engager avec l’Etat une réflexion, à notre avis indispensable, sur une refonte de la carte scolaire, de connaître vos intentions en la matière.

Siégeant dorénavant dans d’autres C.A. de collège que ceux de mon canton, je m’aperçois que cette question du rattachement de telle ou telle commune à un autre secteur scolaire qu’actuellement le sien est posée.

Plus d’équilibre entre secteur et surtout plus de mixité sociale n’est-ce pas aussi un des moyens à renforcer cette valeur si précieuse qu’est la FRATERNITE ?

Je vous remercie de votre écoute.

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